Sarkozy-Fillon, le (vrai) commencement des hostilités

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ENTRE NICOLAS SARKOZY ET FRANÇOIS FILLON, LA GUERRE EST DÉCLARÉE
ENTRE NICOLAS SARKOZY ET FRANÇOIS FILLON, LA GUERRE EST DÉCLARÉE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - La guerre présidentielle est bel et bien déclarée entre Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui, en se proclamant le candidat de la "vraie rupture", a ressoudé contre lui les lieutenants de l'ancien président et les partisans de Jean-François Copé.

Le non-lieu en faveur de Nicolas Sarkozy dans le dossier Bettencourt a sonné le temps de l'offensive, quand bien même d'autres affaires judiciaires le menacent: "L'opération haro sur le Fillon a commencé", résume le politologue Thomas Guénolé.

"Fillon a eu tort de parler de 'conflit', ça ajoute de la division. Maintenant, on ne va pas le lâcher", avertit un député sarkozyste.

Les récentes "confidences" de l'ancien Premier ministre au Journal du Dimanche, dans lequel il affirme être "en conflit avec Nicolas" et "de facto en compétition" avec ce dernier, ont achevé d'irriter l'ancien président.

Sur le site internet de Valeurs actuelles, François Fillon s'estime "mieux placé que Nicolas Sarkozy pour l'emporter en 2017." "Si je ne le pensais pas, je ne serais pas candidat".

"Quand on perd une élection, il est impossible de dire qu'on a fait une bonne campagne", ajoute-t-il, ajoutant que beaucoup l'avaient déjà poussé à se présenter en 2012 quand l'ancien président "était au plus bas dans les sondages".

Les deux hommes ne se parlent plus depuis le début de l'été et s'affrontent désormais par médias interposés.

"François Fillon nous dit 'Moi j'ai un ennemi' (...) et son ennemi, il le choisit dans son camp. (...) Ce n'est pas un comportement moral", a réagi mardi sur i>TELE Henri Guaino, ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.

Candidat déclaré à la primaire de 2016 -quand Nicolas Sarkozy se dépeint en potentiel recours gaullien-, François Fillon se fait violence pour instaurer un rapport de forces avec l'ex-président sur ses thèmes de prédilection (Front national, économie, diplomatie...), au risque d'altérer son image de modéré et rassembleur, comme en témoignent de récents sondages.

BRIS DE VAISSELLE

"Il faut que je me libère. Evidemment, je vais casser un peu de vaisselle", explique-t-il au JDD. "Nous n'avons pas réalisé la rupture promise. Oui, il faut un programme de vraie rupture".

La rupture étant affaire de sémantique, les fidèles de Nicolas Sarkozy répliquent sur le même registre, déterminés à isoler et ravaler celui qu'ils considèrent comme un "traître"?

"Libre à chacun d'être obnubilé par les échéances de 2017. Autour de Nicolas Sarkozy, ce ne sont pas nos sujets: nos sujets, ce sont les préoccupations des Français et l'unité de l'opposition", a ainsi dit l'ancien ministre Brice Hortefeux.

Ils présentent donc le tacticien contre l'homme d'Etat "au-dessus de la mêlée", une comparaison qui agace chez les fillonistes même si certains, comme Jérôme Chartier, sont convaincus que Nicolas Sarkozy "ne reviendra pas".

Mais d'autres soutiens du député de Paris concèdent en privé le risque d'une confrontation avec l'ancien président à la primaire de 2016. D'autant que Jean-François Copé, maître de l'UMP jusqu'en novembre 2015, a clairement choisi son camp après les velléités d'émancipation de l'été dernier.

La réconciliation s'affichait lundi avec beaucoup trop d'éclat, après la décision des magistrats de Bordeaux, pour ne pas alerter François Fillon.

"Long" coup de téléphone de Jean-François Copé à l'ancien président, un "tweet" éloquent de son directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux ("JOIE pour Nicolas Sarkozy et Colère car 2012 =victoire volée par ceux qui ont traîné NS dans la boue") et enfin un message de Nicolas Sarkozy sur sa page Facebook avec un remerciement nominatif au dirigeant de l'UMP.

COPÉ LE "COAJDUTEUR"

Le retour en grâce de Jean-François Copé n'a échappé à personne au sein du parti d'opposition. "Ça m'a fait plaisir", a réagi l'intéressé, qui avait été meurtri par "la distribution de claques" de Nicolas Sarkozy le 8 juillet dernier à l'UMP.

"C'est vrai qu'il y a un coup de chapeau plus particulier à Jean-François Copé qui depuis un an est solide, constant, engagé et fidèle à ce qu'il a dit à Nicolas Sarkozy ou pour Nicolas Sarkozy", explique Brice Hortefeux. Comprendre: le président de l'UMP est l'antithèse de François Fillon.

"Si Nicolas Sarkozy revient à la tête du royaume UMP, Copé en sera le 'coadjuteur' (un évêque auxiliaire qui a droit de succession-NDLR). Il fallait l'adouber comme premier lieutenant, c'est fait", juge Thomas Guénolé.

Dans la tradition du putsch qui prévaut de longue date à droite, s'adjoindre les services du chef de l'UMP -pour éteindre une compétition future?- obéit aux règles de la guerre.

"Il n'y aura pas photo" si Nicolas Sarkozy, favori des sympathisants UMP, décide de défier François Fillon en 2016, pronostiquent des "sarkozystes".

Avare de sa parole, Edouard Balladur, l'un des mentors de Nicolas Sarkozy, candidat malheureux à la présidentielle de 1995, lui a dispensé mardi ses conseils pour les grandes manoeuvres qui s'ouvrent: "Son intérêt n'est pas de se presser. Il vaut mieux se taire encore".

Edité par Yves Clarisse

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  • jean.e le mardi 8 oct 2013 à 22:00

    ca me fait penser a la vie de brian le front de liberation de la palestine et le fpj :)

  • tibetain le mardi 8 oct 2013 à 21:33

    Je vais peut etre manger avec vous, j'adore les échecs.

  • LeRaleur le mardi 8 oct 2013 à 18:53

    Pendant qu'ils vont se manger le nez, UNE va monter, monter.