Sarkozy fait pression sur Copé et Fillon à l'UMP

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PRESSION DE NICOLAS SARKOZY POUR UNE SORTIE DE CRISE À L'UMP
PRESSION DE NICOLAS SARKOZY POUR UNE SORTIE DE CRISE À L'UMP

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a enjoint vendredi à Jean-François Copé et François Fillon de se mettre d'accord rapidement sur une solution pour mettre un terme à la crise à l'UMP.

L'ex-président, qui avait tenté mardi en vain de favoriser un terrain d'entente entre le président proclamé de l'UMP et l'ancien Premier ministre, qui conteste sa victoire, leur a téléphoné vendredi, a-t-on appris de sources UMP.

"Il les a appelés tous les deux pour leur demander de se mettre d'accord rapidement", sans fixer de date précise, a-t-on déclaré à Reuters.

Un sondage BVA diffusé vendredi montre que huit sympathisants UMP sur dix (81%) souhaitent une nouvelle élection pour départager les rivaux, mais ils sont perplexes sur l'épilogue : 51% estiment que les protagonistes ne trouveront pas d'accord, contre 47% qui sont d'un avis contraire.

De fait, la guerre de positions se poursuit.

Les canaux ne sont pas rompus entre les camps adverses, assurent les entourages, mais les duellistes agissent comme deux ennemis de l'intérieur, l'un à la tête de l'appareil, l'autre de son groupe parlementaire, le "Rassemblement-UMP", qui sera opérationnel la semaine prochaine à l'Assemblée nationale.

Jean-François Copé, qui affirme se consacrer exclusivement à son "job de premier opposant" et le prouve depuis mercredi au rythme de communiqués contre le pouvoir socialiste, effectuera son premier déplacement officiel dimanche à Nancy pour une réunion publique en présence de l'ancienne ministre Nadine Morano.

François Fillon clôturera le même jour chez son ami le député Jérôme Chartier les IXe Entretiens de Royaumont (Val-d'Oise), dont le thème est cette année "Réinventer le travail".

FILLON "DISPONIBLE"

Son groupe, le "R-UMP", compte désormais 72 membres après le ralliement vendredi du député du Nord Jean-Pierre Decool. Le groupe UMP en compte 122.

Le chef de file des députés UMP, le "copéiste" Christian Jacob, a écrit jeudi soir à l'ensemble de ses collègues avec l'espoir de préserver l'unité du groupe, dont la division "est une folie dévastatrice pour notre famille politique".

"Mardi prochain, si rien n'a bougé, la majorité constatera lors de la conférence des présidents que notre division est réelle", écrit le député de Seine-et-Marne.

Répartition des sièges dans l'hémicycle, temps de parole... le schisme sera entériné, constate Christian Jacob qui redoute que "le ridicule finisse par tuer".

L'élu a proposé la création d'une commission composée de représentants des deux camps chargée de réfléchir aux modalités d'un nouveau vote, solution plébiscitée par les sympathisants UMP, avec ou sans référendum préalable. Dès la commission réunie, le "R-UMP" serait dissous.

Son initiative a été accueillie favorablement par les soutiens de François Fillon et le groupe des "non-alignés" emmené par Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet.

L'ancien Premier ministre a proposé jeudi la constitution d'un groupe de travail pour arrêter les modalités d'un vote.

"Il est disponible pour toute initiative qui permette de fixer un cadre pour un nouveau vote", a-t-on réaffirmé vendredi dans son entourage.

UN VOTE DANS UN AN ?

L'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, a invité les militants à se réunir ce week-end pour appeler les instances dirigeantes à organiser une nouvelle consultation. Sa pétition "Je veux revoter", lancée sur internet, avait recueilli vendredi à 17h30 GMT 32.317 signatures.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a proposé la réunion d'une commission de conciliation sur les élections et les statuts du parti qui serait composée de cinq personnes désignées par François Fillon et cinq autres par Jean-François Copé.

"Il faut se concentrer sur les municipales de 2014 et voir ensuite comment organiser cela", a-t-il dit jeudi sur Canal+.

L'ancien ministre Alain Joyandet, qui a voté pour François Fillon, a lui aussi évoqué une pause et un report du règlement de la crise à des échéances ultérieures.

"Si Jean-François Copé dit : 'je suis là, j'y reste', qu'est-ce qu'on fait ? On ne va pas demander l'envoi des forces de l'ordre, j'imagine", a-t-il commenté sur Radio Classique.

"A lui de proposer que l'on revote par exemple dans un an, pour que cette situation ne perdure pas jusqu'au congrès de 2015", a-t-il ajouté.

Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser

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  • 6mptxis le vendredi 30 nov 2012 à 20:01

    Copé et Fillon ,il y a qua les marier ça fera un couple président de l UMP , du premier janvier à fin juin , ce serait Fillon la premiére dame de France , et de fin juin à fin décembre ce serait copé ; c est ça le progrés

  • j.moulin le vendredi 30 nov 2012 à 19:30

    Le "chef" redirigerait l'UMP! On est maintenant après deux élections ratées. La scission du partie est incontournable maintenant, sans pour autant renoncer à des décisions communes aux municipales.