Sarkozy et Juppé s'accusent de détourner la primaire

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JUPPÉ ET SARKOZY S'ACCUSENT DE DÉTOURNER LA PRIMAIRE
JUPPÉ ET SARKOZY S'ACCUSENT DE DÉTOURNER LA PRIMAIRE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - L'enjeu de la participation à la primaire de la droite aiguise la rivalité entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, accusé par son adversaire de préparer une "alternance molle" pour avoir invité les "déçus du hollandisme" et les électeurs du centre à voter.

L'équation est connue : une participation limitée au scrutin favoriserait l'ancien président, dont le coeur de cible reste l'électorat des Républicains, avec des appels du pied aux sympathisants du Front national, tandis qu'un vote largement ouvert donnerait l'avantage à Alain Juppé, plébiscité dans les sondages par les électeurs du centre, voire de gauche.

Selon une enquête Kantar Sofres Onepoint sur la primaire des 20 et 27 novembre diffusée mardi, Alain Juppé creuse l'écart avec Nicolas Sarkozy pour le premier tour (39% d'intentions de vote contre 33%) avec une hypothèse de participation de 2,9 millions d'électeurs.

Dans l'éventualité d'une participation plus faible (1,8 million d'électeurs), le maire de Bordeaux est crédité de 40% et son concurrent de 36%.

En 2011, lors de la primaire d'investiture socialiste, plus de 2,6 millions d'électeurs s'étaient déplacés au premier tour, plus de 2,8 millions au second.

Le député Les Républicains Thierry Solère, chargé de l'organisation de la primaire, a annoncé mercredi soir que plus de 20.000 Français de l'étranger étaient déjà inscrits à la primaire, soit près de huit fois plus que les expatriés adhérant à LR.

Les expatriés français, qui voteront par internet à la primaire, doivent s'inscrire au préalable jusqu'au 16 octobre.

"C'est une élection très particulière parce qu'on ne connaît pas le corps électoral. Je pressens qu'on aura une mobilisation beaucoup plus importante au second tour qu'au premier", juge Gilles Boyer, le directeur de campagne d'Alain Juppé.

"Ce qui est important dans une campagne, ce ne sont pas les décibels mais le nombre de votants. La question, ce n'est pas où ça crie le plus mais où il y aura le plus de votants : et je pense que ce sera nous", ajoute-t-il à propos de la campagne tonitruante de Nicolas Sarkozy sur l'identité et l'immigration, deux thèmes de prédilection du FN.

"ALTERNANCE MOLLE"

Dans le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine à paraître vendredi, Alain Juppé figure en tête des personnalités politiques chez les sympathisants du Parti socialiste (47%, +9), de la droite (48%,+4) et des Républicains (62%, +4).

En revanche, la cote de Nicolas Sarkozy s'effrite notablement chez les sympathisants de LR (51%, -13), de la droite (37%,-9) et du Front national (21%,-11). Il se maintient à 8% chez les sympathisants du PS. Une mauvaise nouvelle de plus dans une semaine marquée par des avanies de toutes sortes.

Pour nouvel axe d'attaque, le prédécesseur de François Hollande, qui pratiqua l'ouverture à gauche en 2007, accuse Alain Juppé de dévoyer la primaire. Sur France Inter, mardi, l'ancien Premier ministre avait invité aux urnes les "déçus du hollandisme" et "les électeurs du Front national qui tout d'un coup ouvrent les yeux".

"Si certains veulent être candidats à la primaire de la gauche, qu'ils attendent François Hollande", a lancé mercredi soir Nicolas Sarkozy lors d'une réunion publique dans l'Oise.

"Quand on cherche à se faire élire avec les voix de la gauche, on se prépare à mener une politique qui donnera des gages à la gauche. Quand on fait de l’ambiguïté une stratégie électorale, on se prépare à une politique ambiguë", a-t-il poursuivi dans une claire allusion au maire de Bordeaux.

"Quand on prétend représenter le 'juste milieu', on se prépare aux petits arrangements, à mélanger un peu de gauche avec un peu de droite. (...) On prépare l’alternance molle", a-t-il ajouté. Un parallèle avec la "gauche molle" que Martine Aubry, en 2011, avait dénoncée à l'endroit de François Hollande.

La réplique du camp Juppé ne s'est pas fait attendre : "Et vouloir se faire élire par des électeurs d'extrême droite, ça donnerait quoi?", a écrit jeudi Gilles Boyer sur Twitter.

"Si Nicolas Sarkozy est vécu comme étant de plus en plus extrême, de plus en plus dangereux à certains égards, ça va mobiliser contre lui", ajoute le directeur de campagne à Reuters.

(Avec Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse)

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  • M6998582 il y a 2 mois

    La dégringolade continue ... pauvre Bismuth quoiqu'il dise et quoiqu'il fasse il est de plus en plus inaudible. Plus que 2 mois à le supporter !

  • jcaumon2 il y a 2 mois

    Il faut un homme de devoir à la tête de l'état, pas un homme de devoir qui ne voit que son propre intérêt et celui de son clan; AJ est un homme de conviction, honnête, ferme et rassembleur, il a le souci de la nation donc de l'intérêt du plus grand nombre et une certaine idée de la France; un des rares depuis de Gaule.

  • M7403983 il y a 2 mois

    Quand on n'est plus crû, c'est qu'on est cuit. Mr Sarkozy devrait le savoir depuis le temps ... Seul AJ, avec un mandat de 5 ans sera à même pour faire les réformes qui s'imposent à notre pays. Il n'y aura pas de 2eme chance. Monsieur Thierry Breton l'a fort bien expliqué sur les ondes ce matin.

  • M1461628 il y a 2 mois

    AJ pour 2017 un mandat clair et unique assurant la cohésion de la nation, le seul candidat garantissant une première place au 1er tour de la présidentielle devant Marine et une victoire très large au second........Avec Sarkosy le risque devient plus grand d'une victoire étriquée et d'une possible paralysie du pays après les législatives sans parler de l'hystérie et de la confusion des affaires pendant 5 ans ....Pour moi c'est tout vu AJ le 20 et 27 novembre

  • franck8 il y a 2 mois

    Sarkozy est cuit. Battu, il va finir en prison. Il va tout tenter pour fausser la primaire, mais c'est cause perdue. Il ferait mieux de se désister.