Sarkozy et Hollande s'affrontent sur les marchés financiers

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FRANÇOIS HOLLANDE ET NICOLAS SARKOZY S'AFFRONTENT SUR LES MARCHÉS FINANCIERS
FRANÇOIS HOLLANDE ET NICOLAS SARKOZY S'AFFRONTENT SUR LES MARCHÉS FINANCIERS

PARIS (Reuters) - La crise financière qui menace encore l'Europe est revenue jeudi au premier plan dans la campagne présidentielle en France, Nicolas Sarkozy et François Hollande s'accusant mutuellement de se servir de la question des marchés à des fins électoralistes.

Le sujet avait pratiquement disparu des débats mais a refait surface sur fond de nervosité des places financières européennes, avec une pression particulière sur l'Espagne.

Selon plusieurs ténors de l'UMP, dont le Premier ministre François Fillon, une victoire de la gauche à l'élection présidentielle risquerait d'aiguiser l'appétit des spéculateurs et de faire plonger la France dans une situation analogue à celles de l'Espagne ou de la Grèce.

Le candidat socialiste a rejeté sur la droite les inquiétudes liées aux tumultes des marchés, notamment en Espagne, et estimé que la fragilité économique de la France était une conséquence directe de la mauvaise gestion de l'actuel gouvernement.

Jeudi matin, sur France 2, il a accusé le président sortant d'appeler "les marchés à la rescousse" pour l'aider à remporter la présidentielle.

Dans les Echos, à paraître vendredi, François Hollande enfonce le clou : "C'est son propre affolement que le candidat sortant voudrait communiquer aux marchés. Je trouve ses déclarations particulièrement malencontreuses. Evoquer un risque de spéculation c'est finalement l'encourager."

Il estime que le peuple français fera souverainement son choix et que "ce n'est pas une menace, d'ailleurs largement virtuelle, qui le fera hésiter ou reculer."

"J'ai moi-même été clair dans mes engagements de retour à l'équilibre des finances publiques en 2017. Nicolas Sarkozy prétend aller plus vite en promettant cet équilibre en 2016. Mais quelle est sa crédibilité ?", demande-t-il.

L'ancien patron du PS a voulu marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy en affirmant sa volonté d'oeuvrer pour davantage de croissance et de "ne laisser aucune place aux marchés".

Le président-candidat a ironisé sur les propos de son rival et insisté sur la nécessité de calmer les inquiétudes des marchés en réduisant les déficits.

"J'ai entendu un candidat dire qu'il ne tiendrait pas compte des marchés", a dit le candidat de l'UMP lors d'un déplacement en banlieue parisienne.

"Ne pas tenir compte des marchés, ça n'a pas de sens", a-t-il ajouté. "Si vous voulez ne pas tenir compte des marchés, je vais vous donner un bon conseil : remboursez vos dettes, réduisez vos déficits et vous n'aurez pas besoin que quelqu'un vienne vous prêter de l'argent, voilà comment on peut ne pas tenir compte des marchés".

Le chef de l'Etat et son Premier ministre François Fillon ont multiplié les mises en garde contre les conséquences qu'aurait, selon eux, l'application du projet présidentiel de François Hollande, qui fait figure de favori face à Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote pour le deuxième tour.

Service France, édité par Gérard Bon

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  • ahariga1 le vendredi 13 avr 2012 à 07:32

    Quelque soit celui qui sera élu, ils subiront tous les deux la dure loi du Marché.