Sarkozy et Hollande réitèrent leurs promesses aux Arméniens

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Sarkozy et Hollande réitèrent leurs promesses aux Arméniens
Sarkozy et Hollande réitèrent leurs promesses aux Arméniens

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy et François Hollande ont réaffirmé mardi leur volonté de faire voter rapidement, en cas de victoire à la présidentielle, une nouvelle loi pénalisant la négation du génocide arménien après l'invalidation par le Conseil constitutionnel du texte adopté en janvier.

Le président candidat et son rival socialiste se sont succédé, mais sans se rencontrer, devant le monument du souvenir érigé près du pont des Invalides, sur la rive droite de la Seine, à l'occasion du 97e anniversaire du massacre des Arméniens par la Turquie.

Venu le premier, François Hollande a rappelé ses initiatives passées pour la reconnaissance officielle du génocide et s'est félicité du large consensus existant en France sur la question.

"Nous pouvons nous rassembler, c'est si rare", a-t-il dit devant les quelques centaines de personnes présentes. "Vous allez permettre, quelle que soit la décision des Français, d'arriver au même aboutissement de votre combat".

"Quelles que soient les pressions qui s'exercent, je tiendrai bon, votre histoire ne sera jamais oubliée parce qu'elle ne pourra plus être contestée", a-t-il ajouté en promettant, s'il était élu le 6 mai, de revenir à cette même cérémonie "chaque année comme président de la République".

Nicolas Sarkozy s'est pareillement félicité que ces idées soient "partagées très au-delà des frontières partisanes" en France.

Il a invoqué sa reconnaissance récente de l'abandon par la France des harkis, les supplétifs de l'armée française à la fin de la guerre d'Algérie il y a 50 ans, pour presser la Turquie de faire de même pour le génocide de 1,5 million d'Arméniens en 1917. "Tant qu'on ne reconnaît pas la faute (...) le pardon est impossible", a-t-il dit.

"J'en fais le serment devant vous, (...) un nouveau texte sera présenté dès le mois de juin".

Le vote de la loi pénalisant la négation des génocides avait provoqué une crise diplomatique entre la France et la Turquie, qui n'a jamais reconnu sa responsabilité dans les massacres de 1915.

Les détracteurs du texte ont dénoncé une opération pour séduire les 500.000 Français d'origine arménienne à l'approche des élections présidentielle et législatives.

Franck Papazian, coprésident du conseil des organisations arméniennes de France (CCAF), s'est fait fort de rappeler devant la presse que François Hollande défendait la cause arménienne depuis 1997, en tant que Premier secrétaire du parti socialiste, et qu'il avait participé à de nombreuses commémorations.

"Nicolas Sarkozy a joué un rôle important depuis l'année dernière", a-t-il ajouté après s'être félicité que "le président de la République actuel et le futur président participent à cette cérémonie".

Yann Le Guernigou, édité par Gérard Bon

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