Sarkozy enrôle Rajoy dans sa campagne contre le PS

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NICOLAS SARKOZY ENRÔLE MARIANO RAJOY DANS SA CAMPAGNE CONTRE LE PS
NICOLAS SARKOZY ENRÔLE MARIANO RAJOY DANS SA CAMPAGNE CONTRE LE PS

MADRID (Reuters) - Nicolas Sarkozy a enrôlé lundi Mariano Rajoy dans sa campagne contre les socialistes français en rappelant que le président conservateur du gouvernement espagnol avait voté une règle d'or budgétaire lorsqu'il était dans l'opposition.

A trois mois de l'élection présidentielle française et trois jours après la dégradation de la note souveraine de la France par l'agence Standard & Poor's, le chef de l'Etat a rappelé avec insistance que le Parti socialiste français avait pour sa part bloqué la ratification d'une telle mesure.

Après avoir reçu à Madrid, des mains du roi Juan Carlos, le collier de l'Ordre de la Toison d'or et à l'issue d'un entretien avec Mariano Rajoy, Nicolas Sarkozy a fait l'éloge de la "maturité" de la démocratie espagnole.

C'est cette maturité "qui a permis à Mariano Rajoy, à l'époque président du Parti populaire, de voter aux côtés du gouvernement socialiste de M. Zapatero l'adoption d'une règle d'or", a déclaré le président français.

"Quand on est dans l'opposition et qu'on sait, dans l'intérêt de son pays, faire un geste envers le gouvernement de son pays, on se grandit", a-t-il ajouté. "Et, de ce point de vue, il y a sans doute à s'inspirer de la démocratie espagnole."

Le président français a estimé que la décision de Mariano Rajoy de voter cette obligation d'équilibre des finances publiques, anticipant sur la règle que les dirigeants de la zone euro veulent aujourd'hui imposer à tous les pays membres, alors qu'il était dans l'opposition, avait été une "prise de risque".

"Ce n'était pas forcément populaire mais ça servait l'intérêt général de l'Espagne", a-t-il insisté.

DÉCISIONS "COURAGEUSES"

Nicolas Sarkozy a reproché a contrario à l'opposition de gauche française de n'avoir pas "accompagné" son gouvernement "sur la route de la réforme des retraites".

"Ce que Mariano Rajoy a fait en Espagne dans l'opposition, pas un responsable de l'opposition (française) ne l'a fait pour la France", a-t-il ajouté.

Mariano Rajoy a remplacé en décembre le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, après la victoire du Parti populaire (PP, centre-droit) aux élections de novembre.

Le nouveau gouvernement a déjà annoncé des hausses d'impôts et 8,9 milliards d'euros de réductions des dépenses publiques - des décisions qualifiées de "courageuses" par Nicolas Sarkozy.

Le président français a également déclaré que la France soutiendrait "de toutes ses forces" la présence de l'Espagne dans les instances exécutives de la Banque centrale européenne.

Il avait souvent cité ces derniers mois l'Espagne, dont la note souveraine a été dégradée vendredi de deux crans, à A, par S&P, en contre-exemple, avec la Grèce, le Portugal ou l'Italie.

"En Espagne (...), les salaires viennent d'être diminués de 5%, la durée du temps de travail augmentée de deux heures. Voilà ce qui arrive dans de grands pays proches du nôtre quand on n'a pas eu le courage de mettre en oeuvre des réformes difficiles au moment où il fallait les mettre en oeuvre", déclarait-il encore jeudi dernier à Lille, lors de ses voeux aux fonctionnaires.

Mais la France est aujourd'hui rattrapée à son tour par des décennies de laxisme budgétaire et il sera plus difficile au chef de l'Etat de faire la leçon à ses partenaires.

La dégradation de la note française par S&P et la menace que continue de faire planer une autre agence, Moody's, constituent également un handicap de plus pour le chef de l'Etat, probable candidat à sa propre succession au printemps prochain.

Emmanuel Jarry

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