Sarkozy en Russie pour rencontrer Poutine, polémique en France

le , mis à jour à 15:17
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* L'ex-chef de l'Etat en Russie pour deux jours * Rencontre à la veille de la réunion sur la Syrie à Vienne * Paris et Moscou opposés sur la Syrie et l'Ukraine (Actualisé après début de l'entretien) MOSCOU/PARIS, 29 octobre (Reuters) - Nicolas Sarkozy a rencontré jeudi Vladimir Poutine en Russie, un déplacement qui suscite des critiques en France, la gauche dénonçant une forme de diplomatie parallèle à l'heure où Paris et Moscou s'opposent sur la Syrie et l'Ukraine. L'ancien chef de l'Etat, après avoir dû patienter seul devant les caméras, a été salué par son hôte par une référence au titre de "docteur" honoraire reçu le matin même à l'Institut des relations internationales de Moscou (MGIMO). "Cela fait longtemps qu'on ne s'est pas vus. Un an. Durant cette période, beaucoup d'événements se sont passés en Europe, dans le monde et dans nos relations bilatérales", a dit Vladimir Poutine, qui accueillait Nicolas Sarkozy dans sa résidence proche de Moscou. Nicolas Sarkozy, lui, a vanté leur capacité, lorsqu'il était président, à trouver une voix "commune" et a estimé qu'il fallait parvenir à "sortir de la période d'affrontement que nous traversons actuellement". Au MGIMO, plus tôt, le président des Républicains avait estimé que "La France et la Russie avaient besoin de travailler ensemble". "Dans le monde qui est le nôtre nous ne devons à aucun prix accepter une nouvelle Guerre froide", avait-il ajouté. "La Russie est indispensable au monde, sans la Russie nous ne pourrons pas relever les grands défis et les immenses crises auxquels nous sommes confrontés", avait-il encore dit, au deuxième jour de sa visite en Russie. Interrogée sur le déplacement de Nicolas Sarkozy, une source diplomatique française en a minimisé sa portée. "Ça ne pose pas de problème", a-t-elle dit. "La diplomatie française, c'est le président de la République qui la fait". Annoncée de longue date, la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le chef du Kremlin, allié du régime de Damas, survient la veille d'une conférence internationale à Vienne consacrée à la crise syrienne qui a fait plus de 250.000 morts depuis 2011. "HALLUCINANT" Moscou et Paris, adepte d'une ligne ferme face à Bachar al Assad, s'opposent notamment sur la question de l'avenir du président syrien dans le pays. La France, tout comme les Etats-Unis, accuse également la Russie de concentrer ses frappes militaires en Syrie sur les groupes d'opposants modérés et non sur les bases de l'Etat islamique. "Je ne crois pas que ce soit le rôle d'un ancien président de la République de parasiter la diplomatie de la France", a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Thierry Mandon sur France 2. "Ce n'est pas un candidat en campagne, c'est plus que cela, c'est un ancien président de la République, donc il doit savoir que la diplomatie c'est très compliqué, il est un peu comme un chien dans un jeu de quilles dans cette affaire", a-t-il ajouté. Prié de dire s'il pensait que c'était une erreur, il a répondu : "oui, je crois qu'il aurait pu s'abstenir". Un avis partagé par François Michel-Lambert, député écologiste des Bouches-du-Rhône et vice-président du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée nationale, qui se dit quant à lui "atterré" et "dénonce" une diplomatie parallèle. "Cette diplomatie parallèle est néfaste pour tous", indique-t-il dans Le Figaro. "Je suis très triste que l'ancien chef de l'Etat n'ait pas le sens de l'Etat, c'est hallucinant". A droite, la question divise les candidats à la primaire des Républicains. L'ex-Premier ministre Alain Juppé a récemment mis en garde contre un "accès de russophilie aiguë". "Il y a des moments où il faut savoir dire 'stop on n'est pas d'accord'", a-t-il dit début octobre. A l'inverse, l'ex-ministre et député Xavier Bertrand estime qu'il est temps "d'arrêter la guerre" avec la Russie. "Plutôt que de faire une guerre froide avec la Russie comme on l'a fait depuis maintenant des mois et des mois avec les conséquences que l'on sait (...), il faut qu'on arrête d'être en guerre avec la Russie", a-t-il dit sur iTELE. Prié de dire si la France ne devait pas parler d'une voix, il a répondu : "Il y a un président de la République, il y a un ministre des Affaires étrangères, très bien, mais il n'est pas interdit aujourd'hui d'avoir des échanges avec des représentants internationaux, non ce n'est vraiment pas un drame". (Marine Pennetier, avec Denis Diomkine à Novo Ogariovo, Russie, et Elizabeth Pineau et Grégory Blachier à Paris, édité Yves Clarisse)

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