Sarkozy en marche pour 2017, face à de vives résistances

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* L'ancien président devra composer avec ses rivaux * Il veut créer un comité des anciens Premiers ministres * Le primaire de 2016 au coeur de la refondation de l'UMP * Vers un état-major "pluriel" (Actualisé avec Nicolas Sarkozy sur TF1) PARIS, 30 novembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy, redevenu chef de l'opposition de droite deux ans et demi après sa défaite aux présidentielles, est confronté au défi du rassemblement face à des rivaux plus déterminés que jamais à lui contester sa prééminence de fait pour 2017. Dix ans après son sacre à la tête de l'UMP (85,04%), où il était parvenu à neutraliser la concurrence pour forger une machine électorale au service de ses ambitions élyséennes, le scénario est tout autre pour l'ancien chef de l'Etat. Elu samedi au premier tour avec 64,5% des voix, loin du plébiscite espéré, Nicolas Sarkozy va devoir composer avec les voix dissonantes du parti, particulièrement celle de son ancien ministre Bruno Le Maire qui a réussi une percée avec 29,18%, et oeuvrer à l'organisation d'une primaire "ouverte" qui le rebute. "Il n'y a pas de chèque en blanc", a résumé dimanche sur France Info le député Benoist Apparu, soutien d'Alain Juppé. Nicolas Sarkozy, qui a promis dès son élection de "créer les conditions du plus large rassemblement", s'est engagé dimanche soir à privilégier "le collectif" en annonçant la création d'un comité des anciens Premiers ministres pour l'aider. "Je n'ai pas l'intention (...) de conduire cette formation politique seul", a-t-il déclaré sur TF1 en soulignant que la question de sa candidature à la primaire ne se posait pas pour l'instant et en gratifiant ses rivaux déclarés ou putatifs de remarques obligeantes. "JE POURRAIS SIGNER" Les avertissements de ses adversaires potentiels augurent mal de l'entreprise de pacification. Ainsi Alain Juppé a-t-il estimé samedi soir qu'on ne pouvait faire avancer les choses "dans le conflit interne". "Je suis prêt à l'aider, bien sûr, si on est sur la ligne que j'ai indiquée, le rassemblement de la droite et du centre", a dit l'ancien Premier ministre, qui prône une primaire ouverte à l'UDI et au MoDem -- une proposition qui lui a valu les huées de militants sarkozystes le 22 novembre dernier à Bordeaux. "Il a raison", a répondu dimanche soir Nicolas Sarkozy en soulignant toutefois que la primaire ne serait pas ouverte au MoDem qui a "fait l'élection de François Hollande" en 2012. François Fillon, déterminé à aller "jusqu'au bout" de la compétition pour 2017, quitte à se présenter sans l'étiquette du parti au premier tour de la présidentielle, l'a invité pour sa part "au respect de toutes les opinions exprimées". "L'union n'est pas soumission. Un grand parti moderne accepte la différence", a-t-il souligné dans un communiqué. "Je pourrais signer", a assuré Nicolas Sarkozy sur TF1. Un nouveau prétendant a été adoubé par les urnes : Bruno Le Maire, 45 ans, qui prend de vitesse les autres "quadras" de son camp pour la primaire (Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Baroin, Laurent Wauquiez...) même s'il se défend de penser à 2016. C'est "un de nos meilleurs espoirs", a dit Nicolas Sarkozy. SARKOZY VEUT REBAPTISER L'UMP L'ex-ministre de l'Agriculture, ancien disciple de Dominique de Villepin, a prévenu que le nouveau président de l'UMP devrait respecter le voeu de "renouveau" exprimé par les militants. Les "sarkozystes", comme Christian Estrosi, s'emploient à relativiser l'influence du député de l'Eure en affirmant que les suffrages qui se sont portés sur son nom "pour beaucoup, étaient de ceux qui avaient d'autres champions". Nicolas Sarkozy, qui a dit durant la campagne son hostilité aux "écuries" et aux "chapelles", entend traduire en priorité cette "diversité" dans le futur organigramme de l'UMP. Il recevra dès lundi les principaux responsables du parti, dont Bruno Le Maire à 09h00. Ce dernier, qui exclut un poste dans l'état-major, a réuni dimanche sa garde rapprochée pour préparer "l'après". Il refuse une mise à bas de l'UMP actuelle, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, et compte se faire entendre. "On pense qu'il n'est vraiment pas utile de perdre du temps à refaire des statuts, à nous regarder le nombril", a déclaré l'un de ses soutiens, le député Franck Riester, sur BFM TV. Nicolas Sarkozy a réaffirmé dimanche soir qu'il voulait changer le nom du parti. "On en discutera". Le nouveau chef de l'opposition prône le pluralisme, mais les noms de ses fidèles sont cités dans plusieurs médias pour les postes stratégiques du parti. Frédéric Péchenard, son directeur de campagne, serait pressenti pour la direction générale, le député du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle pour les fonctions de trésorier. Le poste de secrétaire général, numéro deux du parti, occupé actuellement par Luc Chatel, attise les convoitises de Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet. Nicolas Sarkozy a salué dimanche soir le "travail remarquable" de Luc Chatel. Le plus dur viendra ensuite : redresser financièrement le parti, avec en arrière-plan l'affaire Bygmalion, un système présumé de fausses factures durant la campagne de 2012 potentiellement menaçant pour Nicolas Sarkozy, accorder les courants sur une ligne idéologique, et préparer les primaires. (Sophie Louet)

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