Sarkozy en appelle aux abstentionnistes et critique Strauss-Kahn

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Sarkozy en appelle aux abstentionnistes et critique Strauss-Kahn
Sarkozy en appelle aux abstentionnistes et critique Strauss-Kahn

CLERMONT-FERRAND, Puy-de-Dôme (Reuters) - Nicolas Sarkozy a lancé samedi un nouvel appel aux abstentionnistes pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, le 6 mai, les pressant d'aller voter pour éviter une "explosion des impôts" et une "régularisation générale" des immigrés clandestins.

En meeting à Clermont-Ferrand, il a donné d'entrée la tonalité d'un discours très combatif en stigmatisant les "donneurs de leçons", les "tartuffe" et les "hypocrites" qui s'offusquent de la campagne qu'il mène pour tenter de rallier les 6,5 millions d'électeurs de la candidate Front national Marine Le Pen au premier tour.

Comme à Dijon (Cote-d'Or) la veille, le président candidat a multiplié aussi les attaques contre son rival socialiste François Hollande et les soutiens controversés qu'il lui attribue, comme celui de l'intellectuel musulman Tariq Ramadan, y ajoutant cette fois l'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn.

S'adressant "à ceux qui veulent demeurer dans l'abstention ou à ceux qui ont voté pour un autre candidat et qui veulent s'abstenir", il a déclaré que "le vote du deuxième tour n'est pas un vote d'humeur".

"Si vous êtes contre le vote des immigrés, si vous êtes contre la régularisation générale, si vous êtes contre l'explosion des impôts, si vous ne voulez pas pour la France le sort dramatique que connaissent nos amis espagnols, alors il y a un choix à faire et ce choix il ne faudra pas le faire le 7 mai, il faudra le faire le 6 mai", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois accusé François Hollande de faire preuve vis-à-vis du Front national du "même cynisme" que François Mitterrand, qui "se bouchait le nez quand il parlait de Jean-Marie Le Pen mais se régalait des problèmes que Jean-Marie Le Pen faisait à la droite républicaine et au centre".

REFUS DE L'EUTHANASIE

"François Hollande aime à donner des leçons, se bouche le nez quand il parle des Français qui ont voté Front national mais il se régale à l'idée des problèmes que les électeurs du Front national pourraient faire à la France et à nous-mêmes s'il ne se déplaçaient pas au deuxième tour pour aller voter", a-t-il dit.

Pour séduire ceux-ci, il a repris largement les thèmes de l'immigration, de la protection aux frontières de l'Europe, de la famille et de l'identité nationale, auxquels il a ajouté son refus de l'euthanasie au nom du caractère "sacré" de la vie.

Evoquant l'affaire du policier de Seine-Saint-Denis mis en examen après la mort d'un délinquant en fuite, il a apporté son soutien aux forces de l'ordre tout en se défendant de porter "aucun jugement sur la justice".

Mais une "mise en examen pour homicide volontaire avant même qu'il y ait la moindre enquête, je trouve que c'est pousser très loin ce qu'on demande aux policiers, aux gendarmes et aux douaniers dans notre pays", a-t-il dit.

Il a enfin invité ses partisans à le rejoindre pour le grand meeting prévu mardi 1er mai sur l'esplanade des droits de l'homme au Trocadéro à Paris, en répétant que François Hollande sera pendant ce temps là "très fier de défiler derrière les drapeaux rouges de la CGT".

Le favori socialiste de la présidentielle, qui a critiqué l'exploitation politique de la fête du travail par son rival, a déjà fait savoir qu'il assisterait mardi à une cérémonie en hommage à Pierre Bérégovoy, l'ex-Premier ministre socialiste qui s'était suicidé le 1er mai 1993.

Robert Pratta, avec Yann Le Guernigou, édité par Matthias Blamont

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