Sarkozy, Deschamps, Gignac... Les écoutes de Jean-Pierre Bernès

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Dans son édition de samedi, L’Equipe dévoile le contenu des écoutes de Jean-Pierre Bernès dans le cadre de l’enquête sur les transferts de l’OM entre juillet 2011 et octobre 2012. Morceaux choisis.

Alors que Le Canard Enchaîné a récemment publié des retranscriptions d’écoutes téléphoniques ordonnées par des juges marseillais qui enquêtaient sur une entreprise d’extorsion de fonds à l’Olympique de Marseille, L’Equipe en remet une couche ce samedi. Le quotidien sportif se concentre aujourd’hui sur le cas de Jean-Pierre Bernès, l’un des agents les plus influents sur le marché. Sur plusieurs pages, on apprend notamment qu’il entretenait des relations difficiles avec certains de ses concurrents. C’était le cas concernant Jean-Christophe Canot (« c’est une potiche »), Christophe Hutteau (« en prenant Hutteau, j’explique, c’est comme si tu prenais Anigo ») ou encore le duo Jean-Luc Barresi-Karim Aklil (« Gignac, il est venu avec Barresi, il s’est retrouvé à minuit, 2 heures du matin dans un aéroport, avec Karim Aklil, avec les pistolets ! »).

Labrune égratigné, Sarkozy approché

On a aussi la confirmation que Jean-Pierre Bernès n’a jamais été le plus grand fan du président marseillais Vincent Labrune, notamment lors de conversations avec Louis Acariès (« si elle (MLD) se fait marabouter par des gens qui ne comprennent pas le football, alors…). Apparemment victime de racket, l’ancien bras droit de Bernard Tapie a également eu des contacts avec Sophie Dion, qui était alors conseiller du président de la République Nicolas Sarkozy.

Ribéry pour arriver à Mbia

Et pour essayer de débaucher quelques futurs clients potentiels, Jean-Pierre Bernès s’est notamment servi de Stéphane Saliu, un ancien intendant de l’équipe de France. Idem concernant certains de ses clients comme Franck Ribéry qui a été utilisé pour approcher Stéphane Mbia. « Je t’explique, Franck, ce qu’il faut que tu lui dises sans rentrer dans les détails parce que tu t’en fous. C’est qu’à Marseille, s’il n’est pas avec un costaud, c’est pas lui qui va décider où il va aller, voilà. »

Le conflit Deschamps-Anigo

Rien de vraiment surprenant dans le milieu des agents, mais les écoutes révèlent un caractère plus intéressant lorsqu’il s’agit de Didier Deschamps. En octobre 2011, l’actuel sélectionneur des Bleus s’est, par exemple, entretenu avec Margarita Louis-Dreyfus au sujet de José Anigo (directeur sportif). « J’ai dit : « Margarita, vous savez, c’est clair. Ici, il y a une personne, c’est José Anigo, depuis que je suis arrivé, il attend qu’une chose, c’est que je parte. Donc euh… Et il est content quand ça se passe mal. (…) Il n’y a pas de solution. C’est quelqu’un qui me déteste et je le déteste profondément. Et qui fait tout contre moi. »

DD : « Gignac ? On va le traîner comme un boulet »

Il est aussi question d'une éventuelle signature de Yoann Gourcuff (*) ou encore d’André-Pierre Gignac, qui aurait pu quitter l’OM dès la saison 2011-12. « Remplacer Gignac par Gameiro ou par n’importe qui, de toute façon, ça peut être que mieux », expliquait DD à son représentant en décembre 2011, avant d’enfoncer le clou un mois plus tard. « Gignac, bon, tu peux oublier. Il est là, on va le traîner comme un boulet, hein, donc. Il ne veut pas partir, il fout plus rien depuis douze jours. Bon, il a envie d’être payé aux frais de la princesse, quoi, si tu veux, quoi. » Voilà des extraits qui ne devraient pas manquer d’intéresser les principaux intéressés et de remettre de l’huile sur le feu… (*) : « Non, non, non. Je dis non, Jean-Pierre, non, non. Pas là, pas comme c’est là. En l’état actuel, non, non, c’est pas possible. Et puis, le salaire qu’il a… Il est plus important que Lucho encore. Pitié, euh, non, non. On ne peut pas Jean-Pierre, pas comme ça quoi… »
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