Sarkozy désavoué après avoir amendé la procédure de la primaire

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    * Il refusait le vote électronique pour les expatriés 
    * La Haute autorité conteste l'initiative 
    * Elle déplore un vote "précipité" du bureau politique de LR 
    * Ses concurrents soupçonnent une manoeuvre 
 
 (Actualisé avec communiqué de la Haute autorité) 
    PARIS, 4 mai (Reuters) - La Haute autorité chargée du bon 
déroulement de la primaire à droite a désavoué mercredi Nicolas 
Sarkozy, qui a braqué ses rivaux en obtenant une modification du 
mode de scrutin pour les expatriés, et demandé aux instances des 
Républicains de revenir sur cette question pour permettre "un 
vote effectif". 
    Lors d'un bureau politique réuni mardi en l'absence de ses 
principaux concurrents, le président de LR a obtenu que les 
expatriés ne votent plus par internet mais par bulletin, comme 
en métropole. 
    La modification a été validée par 47 voix contre quatre, en 
dépit des arguments du député Thierry Solère, qui supervise 
l'organisation de la primaire. 
    "Cette position n'est pas celle qui avait été transmise [à 
la Haute autorité] jusqu'à présent et sur la base de laquelle 
elle a travaillé", réagit dans un communiqué l'instance présidée 
par la juriste Anne Levade. 
    La Haute autorité, soumise à une stricte neutralité, 
souligne toutefois la "décision précipitée" du bureau politique 
et ajoute "attirer l'attention sur les difficultés propres à 
l'organisation du scrutin" pour les expatriés et "aux 
conséquences qui peuvent en résulter". 
    Elle demande au bureau politique, qui doit se réunir dans 15 
jours, de revenir sur le sujet. L'issue du vote ne fait guère de 
doute en faveur du maintien du vote internet. 
    Pour justifier son initiative, Nicolas Sarkozy invoquait le 
respect du "principe constitutionnel du maintien de l'égalité 
des citoyens devant le vote." 
    Or le guide électoral de la primaire, paru le 22 avril, 
stipule que "pour les Français établis hors de France, le 
scrutin est organisé par voie électronique". La disposition 
était "en attente du vote d'approbation du bureau politique". 
    Quatre des concurrents de l'ancien chef de l'Etat -- Alain 
Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, Hervé Mariton -- ont 
saisi mercredi la Haute autorité pour qu'elle tranche ce litige 
et défendu d'une même voix le vote électronique. 
     
    LA CLÉ DE LA PARTICIPATION 
    Ce vote surprise, dans une organisation jusqu'ici plutôt 
consensuelle, est perçue dans les écuries concurrentes comme une 
manoeuvre de Nicolas Sarkozy pour limiter la participation à un 
scrutin promis pour l'heure à Alain Juppé. 
    Quelque 1,2 million d'expatriés sont inscrits sur les listes 
consulaires, un "vivier" notable pour Alain Juppé, notamment, 
qui souhaite le corps électoral le plus large possible afin de 
conforter ses chances de victoire.  
    A l'inverse, Nicolas Sarkozy, largement distancé dans les 
sondages par le maire de Bordeaux, fonde ses espoirs dans le 
noyau dur des militants qui continuent de le plébisciter malgré 
une popularité nationale chancelante. 
    A en croire les réactions mercredi de Français de l'étranger 
sur les réseaux sociaux, l'initiative du président de LR a été 
très mal prise. 
    "Je ne vois pas au nom de quoi un mec de la Somme devrait 
faire 40 kilomètres pour aller voter, alors qu'un golden boy de 
New York n'aurait qu'à appuyer sur un bouton", avait plaidé 
Nicolas Sarkozy, selon des propos rapportés par l'Opinion. 
    Les états-majors adverses mettent notamment en avant la 
difficulté d'organiser le vote dans la myriade de pays 
concernés, dont certains interdisent par ailleurs les scrutins à 
caractère politique hors des antennes diplomatiques. 
    "En Chine, il y a 35.000 de nos compatriotes qui sont 
enregistrés sur les listes consulaires et on ne peut pas 
organiser sur le territoire chinois un vote dans des bureaux de 
vote", a ainsi relevé Thierry Solère. 
    Frédéric Lefebvre, député LR des Français de l'étranger et 
candidat à la primaire, a annoncé sur Facebook son intention 
d'organiser un vote électronique "sous la surveillance d'un 
huissier" si celui-ci n'est pas rétabli. 
    La question devait également être abordée mercredi lors 
d'une réunion du comité d'organisation de la primaire. D'ores et 
déjà, les sarkozystes relativisent cette péripétie. 
    "Le débat se poursuit dans la sérénité, dans l'écoute des 
uns et des autres. C'est un sujet qu'il faut aborder de façon 
technique, ce n'est absolument pas un sujet politique", a 
déclaré Daniel Fasquelle, trésorier de LR, sur iTELE. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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