Sarkozy continue de hanter les esprits à droite

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Huit mois après sa défaite à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy continue de hanter les esprits à droite, où certains, à l'instar d'Alain Juppé, lui prêtent "l'envie" d'être à nouveau candidat en 2017, même si lui-même ne dit rien de ses intentions.

Mercredi en milieu d'après-midi, l'ancien numéro deux du gouvernement de M. Sarkozy a affirmé "sentir" une "envie" chez celui-ci d'être candidat en 2017. Aussitôt, la toile s'enflamme. Glissement sémantique aidant, on assure que Nicolas Sarkozy "veut" se présenter à la prochaine présidentielle.

Mais son entourage est formel: "Nicolas Sarkozy est en retrait de la vie politique. Son état d'esprit est le même qu'il y a huit mois".

Même son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, toute occupée à préparer la sortie de son prochain album, le 1er avril, est mise à contribution. "Dans cinq ans, Marine Le Pen sera face à François Hollande (...) Nicolas pourrait éviter à la France ce duel affreux", lui fait-on dire sur Atlantico.fr.

Des assertions dont s'étonne l'entourage de l'ex-première dame, qui participait, mercredi soir, au festival de San Remo. "Carla n'a fait aucune déclaration. Elle est complètement retirée de la vie politique!".

La petite phrase du maire de Bordeaux a en tout cas suscité des sarcasmes chez les députés UMP. A l'Assemblée, mercredi, chacun y allait de son commentaire acide: "Alain Juppé serait-il Madame Soleil'", s'interrogeait notamment Luc Chatel.

Parmi ceux -- et ils sont nombreux -- qui fréquentent le 77 rue de Miromesnil, où M. Sarkozy a installé ses bureaux depuis son départ de l'Elysée, certains croient néanmoins déceler chez lui, comme M. Juppé, une "appétence" pour 2017.

"Il ne m'a rien dit mais la façon dont il s'exprime me fait penser qu'il a le désir de revenir, mais pas maintenant. Il n'a aucune envie de se mêler aux histoires de l'UMP", confiait récemment à l'AFP l'un de ces visiteurs.

Ombre tutélaire

Fin novembre, au pire moment de la bataille entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l'UMP, M. Sarkozy avait tapé du poing sur la table. Sans résultat. La leçon semble avoir été retenue car depuis, l'ancien président prend soin de ne pas intervenir, du moins sur le devant de la scène.

Que ce soit MM. Copé et Fillon, ou d'autres caciques de l'UMP, Nicolas Sarkozy reçoit beaucoup et il est beaucoup consulté, en plus de ses conférences et déplacements à l'étranger (Brésil, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Qatar, Russie...) et ses entretiens avec "des personnalités de tous horizons", selon son entourage.

L'un de ses visiteurs parisiens soutient qu'aujourd'hui, "si l'UMP n'a pas de ligne, pas de travail, pas d'équipe, c'est parce que c'est dur de se structurer avec Nicolas Sarkozy en arrière-plan". L'ombre tutélaire de l'ancien président empêcherait le principal parti d'opposition d'exister pleinement.

"Je crois que la raison de cette agitation tient d'une part au fait que les Français trouvent le président Hollande insuffisant, d'autre part que l'opposition est totalement évanescente. Alors, les gens pensent évidemment à Nicolas Sarkozy", veut croire Frédéric Lefebvre, membre du bureau politique de l'UMP, resté proche de l'ancien chef de l'Etat.

Mais "2017 est très loin. Nicolas Sarkozy est maître de sa parole et de son calendrier, il n'a pas besoin de porte-parole. Tout ça n'est pas à l'ordre du jour", affirme-t-il à l'AFP.

En attendant, l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, présidée par Brice Hortefeux, fidèle parmi les fidèles, qui promeut sur son site l'action de l'ancien président tout en attaquant celle de son successeur, se charge d'entretenir la flamme. Elle organisera un colloque le 20 février, sans manquer de rappeler le dernier sondage Ipsos. Nicolas Sarkozy y apparaît en première position chez les électeurs de droite.

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