Sarkozy anime un "grand oral" sans surprise en attaquant Joly

le
0
NICOLAS SARKOZY S'EN PREND À ÉVA JOLY
NICOLAS SARKOZY S'EN PREND À ÉVA JOLY

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a pimenté jeudi la deuxième d'une série de deux émissions télévisées avec les prétendants à l'Elysée en s'en prenant vivement à la candidate écologiste Eva Joly, qui l'avait accusé d'avoir bénéficié de financements illégaux, notamment de la famille Bettencourt, lors de sa campagne de 2007.

Invitée de l'émission Des Paroles et Des Actes sur France 2, l'ancienne magistrate avait fait état mercredi de "présomptions concordantes et précises" sur des sources de financements illégales dont aurait alors bénéficié Nicolas Sarkozy et jugé anormal qu'il puisse solliciter un deuxième mandat.

Interrogé jeudi soir sur ces accusations lors de la même émission, le président candidat a déclaré qu'il n'avait pas à répondre à Eva Joly, qu'il a présentée comme une "alliée" du candidat socialiste François Hollande, pour ajouter :

"Quand on pense que cette dame qui viole tous les principes du droit, qui porte des accusations scandaleuses sans aucune preuve était magistrate, ça fait frémir !".

"Et quand vous vous faites l'écho de ce qu'elle a dit, vous apportez des éléments, vous lui demandez des faits et dans ce cas-là, je lui expliquerai. Mais sur les ragots, sur la médisance, sur la méchanceté, sur la volonté de détruire et de démolir parce qu'on a rien à dire et qu'on est à trois semaines des élections, permettez-moi de vous opposer le mépris le plus cinglant, pas à vous (mais) à ce qu'elle a dit".

Outre Nicolas Sarkozy, le centriste François Bayrou, Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) ont pu s'exprimer à tour de rôle, 15 minutes chacun, sans réserver de surprise majeure dans leurs déclarations.

En dehors d'Eva Joly, l'émission de mercredi avait donné la parole, sur un format identique, à Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), François Hollande (Parti socialiste), Marine Le Pen (FN) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste).

François Bayrou, le "troisième homme" de la présidentielle de 2007, a ouvert le bal jeudi en insistant sur deux des principaux éléments de son programme, la nécessité de produire en France et celle de réduire les déficits.

LE VOLANT DU BUS

Le président du MoDem, passé sous la barre des 10% d'intentions de vote dans certains sondages, a estimé que les Français devraient se poser "la question de confiance" les 22 avril et 6 mai.

"A qui vais-je confier le volant du bus dans lequel sont nos enfants ?", a-t-il résumé après avoir de nouveau sonné l'alarme sur la pérennité du modèle social français. Un modèle qu'il juge "gravement menacé (...) au terme de quelques mois"'.

Jacques Cheminade, l'ex-inconnu de la présidentielle de 1995 et crédité d'à peine 0,5% des voix, a détaillé ensuite son projet centré sur la bataille à livrer au monde de la finance mais qui prévoit aussi de raccourcir la durée du trajet entre la Terre et Mars et de développer le chant choral.

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, a dénoncé une "dictature des capitalistes sur la société", exposé son projet de "contraindre les patrons voyous, et pourquoi pas à la prison", et proposé d'interdire tous les licenciements.

Jean-Luc Mélenchon a conclu l'émission en se vantant d'avoir soulevé "une mobilisation de masse pour la VIe République" qu'il appelle de ses voeux. "Il s'agit de donner de l'air politique à notre pays", a-t-il dit.

Certains candidats, comme François Bayrou, avaient réclamé sans succès de pouvoir débattre directement avec les favoris des sondages UMP et PS.

Un vrai débat est prévu lundi 16 avril dans l'émission "Mots croisés", toujours sur France 2, mais sans Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui s'y feront représenter.

Le président candidat a déjà proposé l'organisation de deux débats entre les deux tours, et non un seul comme c'est la tradition. François Hollande lui a répondu qu'il oubliait qu'il y avait déjà le premier tour à franchir.

Service France, édité par Patrick Vignal et Yann Le Guernigou

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant