Sarkozy amende la procédure de la primaire et hérisse ses rivaux

le , mis à jour à 15:02
1
    * Plus de vote électronique pour les expatriés 
    * L'ancien chef de l'Etat invoqué l'égalité devant le vote 
    * Juppé, Fillon, Le Maire saisissent la Haute autorité 
 
    PARIS, 4 mai (Reuters) - Nicolas Sarkozy a braqué ses rivaux 
pour l'investiture présidentielle à droite en obtenant une 
modification de la procédure de vote pour les Français de 
l'étranger, une décision surprise perçue comme une manoeuvre 
destinée à réduire la participation à un scrutin promis pour 
l'heure à Alain Juppé. 
    Jusqu'ici plutôt consensuelle, l'organisation de la première 
primaire "ouverte" de la droite et du centre s'est brusquement 
tendue, quatre des candidats -- Alain Juppé, François Fillon, 
Bruno Le Maire, Hervé Mariton -- ayant décidé de saisir la Haute 
autorité. 
    En cause, les suffrages des Français de l'étranger, dont 
environ 1,2 million sont inscrits sur les listes consulaires, à 
la consultation des 20 et 27 novembre pour laquelle Alain Juppé, 
notamment, souhaite le corps électoral le plus large possible 
afin de conforter ses chances de victoire. 
    A l'inverse, Nicolas Sarkozy, largement distancé dans les 
sondages par le maire de Bordeaux, fonde ses espoirs dans le 
noyau dur des militants qui continuent de le plébisciter malgré 
une popularité nationale chancelante. 
    Lors d'un bureau politique réuni mardi soir en l'absence de 
ses principaux concurrents, le président des Républicains a 
obtenu que les expatriés ne votent plus par internet, mais par 
bulletin, comme en métropole. 
    La modification a été validée par 47 voix contre quatre, en 
dépit des arguments du député Thierry Solère, qui supervise 
l'organisation de la primaire. 
    Nicolas Sarkozy a invoqué le respect du "principe 
constitutionnel du maintien de l'égalité des citoyens devant le 
vote." 
    Or le guide électoral de la primaire, diffusé le 22 avril, 
stipule que "pour les Français établis hors de France, le 
scrutin est organisé par voie électronique". La disposition 
était toutefois "en attente du vote d'approbation du bureau 
politique". 
     
    "UN DÉNI DE DÉMOCRATIE" 
    "Je ne vois pas au nom de quoi un mec de la Somme devrait 
faire 40 kilomètres pour aller voter, alors qu'un golden boy de 
New York n'aurait qu'à appuyer sur un bouton", a plaidé Nicolas 
Sarkozy, selon des propos rapportés par l'Opinion. 
    Dès mardi soir, le conseiller d'Alain Juppé Gilles Boyer a 
rappelé sur Twitter que l'ancien Premier ministre défendait le 
vote électronique afin de permettre aux expatriés de "voter dans 
de bonnes conditions". 
    François Fillon a marqué mercredi sa détermination à 
défendre "le droit des Français de l'étranger à s'exprimer" dans 
"des conditions qui respectent la spécificité de leur territoire 
de résidence". 
    "La Charte des primaires, acceptée par les candidats 
déclarés et la direction des Républicains, s'impose à tous et 
aucune modification des règles de vote ne saurait être adoptée 
sans consultation de la Haute autorité de la primaire", 
souligne-t-il dans un communiqué. 
    L'instance s'est saisie du litige mercredi. 
    Sur France Info, Bruno Le Maire s'est élevé contre l'idée 
qu'il puisse y avoir "des citoyens de premier ordre et de second 
ordre."  
    Les équipes mettent notamment en avant la difficulté 
d'organiser physiquement le vote dans la myriade de pays 
concernés. 
    Frédéric Lefebvre, député LR des Français de l'étranger et 
candidat à la primaire, annonce sur Facebook son intention 
d'organiser un vote électronique "avec une société habilitée et 
sous la surveillance d'un huissier". 
    "On ne peut priver, de fait, de droit de vote les centaines 
de milliers de Français, sur les 1,3 million d'électeurs dans le 
monde entier , qui seront trop éloignés d'un bureau de vote. Ce 
serait un déni de démocratie", écrit-il. 
    En 2015, avant la création du comité d'organisation de la 
primaire, Alain Juppé et François Fillon avaient laissé entendre 
qu'ils iraient seuls au combat si l'organisation de la primaire 
venait à souffrir d'irrégularités. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yann Le Guernigou) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M2766070 il y a 7 mois

    Nico c est César et la partie de carte.. si on ne peut plus tricher entre amis... hein Mossieur Brun ? Escartifigue et Maitre Panisse (jup...)