Sarkozy accuse la gauche d'avoir "trahi" la République

le , mis à jour à 18:53
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(Actualisé avec déclarations de Manuel Valls) PARIS, 30 mai (Reuters) - Nicolas Sarkozy a accusé samedi la gauche au pouvoir d'avoir "trahi" et "abandonné" la République en pratiquant "le coup de force permanent" et en la livrant "aux minorités agissantes et aux clientèles électorales". Des "insultes" qui "blessent inutilement" la France, selon le Premier ministre Manuel Valls. Le président de l'ex-UMP, devenue officiellement samedi "Les Républicains", s'est livré en clôture du congrès de la formation de droite nouvellement dénommée à une attaque en règle de la majorité au pouvoir. "A ceux qui nous accusent de vouloir confisquer la République, je veux répondre que s'ils ne l'avaient pas trahie, s'ils ne l'avaient pas abandonnée, s'ils ne l'avaient pas abaissée, nous n'aurions pas besoin aujourd'hui de la relever", a-t-il lancé. "Vous faites entrer quatre héros au Panthéon : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Pierre Brossolette et Jean Zay. Mais quelles leçons tirez-vous de ce qu'ils ont accompli et de ce qu'ils ont incarné? Aucune", a-t-il poursuivi. "Vous ne défendez pas la République, vous la caricaturez avec la théorie du genre, avec le pédagogisme, avec le 'il est interdit d'interdire', avec le nivellement, avec l'égalitarisme", a martelé Nicolas Sarkozy. La gauche, a-t-il ajouté, "ne protège pas la République, elle la livre aux minorités agissantes et aux clientèles électorales successives qu'elle sert après s'en être servies". "La gauche ne respecte pas la République, elle la trahit par le coup de force permanent parce qu'elle pense qu'avoir la majorité lui donne tous les droits sans aucune exception", a déclaré l'ancien chef de l'Etat sous les applaudissements de quelque 15.000 cadres et militants. En marge d'un déplacement à Trente, en Italie, le Premier ministre Manuel Valls a déploré des mots qui "blessent inutilement le pays." "Nous devons avoir un débat entre républicains, républicains de gauche et de droite, républicains conservateurs et républicains progressistes, mais il faut sortir de ce goût de revanche, des insultes inutiles qui ne font pas avancer le débat et qui creusent encore un peu plus les différences", a-t-il déclaré à la presse. (Sophie Louet, avec Chine Labbé)

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