Sarkozy accuse la gauche après les révélations de Mediapart

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Sarkozy accuse la gauche après les révélations de Mediapart
Sarkozy accuse la gauche après les révélations de Mediapart

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy et François Fillon ont accusé dimanche la gauche d'user de "boules puantes" pour déstabiliser le camp présidentiel avant le second tour de l'élection présidentielle, référence à des propos accusateurs de Dominique Strauss-Kahn et à un article de Mediapart sur un soutien financier supposé de la Libye au président sortant en 2007.

Présenté par le site d'informations Mediapart comme le superviseur du financement présumé, Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, dément des "allégations à visée politicienne".

Après avoir accusé son adversaire socialiste de "tentative de diversion" dans Le Parisien Dimanche, Nicolas Sarkozy est pour sa part revenu à la charge sur Canal+ en accusant de "mensonge" Mediapart, "une officine au service de la gauche", et en dénonçant une "infamie" et un "montage".

Son Premier ministre, François Fillon, a lui aussi mis en doute l'impartialité de Mediapart, "une officine financée par de riches amis de François Hollande qui, depuis cinq ans, n'a de cesse que de vouloir traîner dans la boue le président de la République".

Edwy Plenel, directeur et cofondateur de Mediapart en 2008, a répondu dans un communiqué que ce journal en ligne n'était pas "une officine mais un journal animé par des journalistes professionnels". Il ajoute que les actionnaires majoritaires du site "sont ses journalistes fondateurs qui l'ont financé sur leurs économies".

Mediapart a publié samedi ce qu'il présente comme une note datant de 2006 des services secrets libyens dans laquelle le régime libyen déclarerait avoir choisi d'appuyer la campagne de Nicolas Sarkozy pour un "montant de cinquante millions d'euros".

"Un accord 'sur le montant et les modes de versement' aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l'homme d'affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l'intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même", selon Mediapart.

"Le directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP, soit l'un des fonds d'investissement financier du régime libyen), aurait de son côté été chargé de superviser les paiements", ajoute-t-il.

"UN FAUX"

Dans une déclaration transmise à Reuters par son avocat, Me Pierre Haïk, Bachir Saleh exprime "les plus expresses réserves sur l'authenticité de la note publiée par Mediapart et opportunément présentée comme constituant la preuve d'un financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy".

Il ajoute "n'avoir jamais été le destinataire d'un tel document et dément catégoriquement avoir participé à une réunion le 6 octobre 2006 au cours de laquelle un accord aurait été conclu en vue de déterminer les modalités d'un soutien financier à la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy".

François Fillon, qui était l'invité du "Grand rendez-vous" Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France/i-télé, a affirmé que cette note était "un faux".

"Quand je pense qu'il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kadhafi, aux services secrets de M. Kadhafi", a renchéri Nicolas Sarkozy sur Canal+.

"Cinquante millions d'euros, pourquoi pas cent? Pour une campagne qui en vaut vingt?". "Il faut se mettre d'accord : ma campagne a été financée par les sous-marins pakistanais, par M. Kadhafi ou par Mme Bettencourt?" a-t-il ironisé.

Pour François Fillon, "toutes ces boules puantes sortent d'une façon scandaleuse" au moment décisif de l'entre-deux-tours.

Le chef du gouvernement faisait également allusion aux propos de Dominique Strauss-Kahn rapportés vendredi dans le quotidien britannique The Guardian, qui mettent en cause la droite pour les ennuis judiciaires - et leurs conséquences politiques - qui ont suivi son interpellation à New York le 14 mai 2011.

"La presse fait son travail", a déclaré Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, au "Grand rendez-vous" Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France/i-télé.

"Il faut que la justice fasse son travail en toute indépendance. Il y a beaucoup d'affaires en cours. Il y a l'affaire de Karachi, l'affaire Woerth-Bettencourt. Si François Hollande est élu, ce que je souhaite, les réformes qui seront engagées, permettront à la justice de faire son travail sans entraves quoi qu'il en coûte", a-t-il commenté.

Sophie Louet

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