Sarkozy a eu des contacts avec Le Pen en 2007, dit Buisson

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    * Sarkozy aurait été prêt à recevoir le président du FN 
    * Il aurait évoqué des valeurs communes avec le FN 
    * Buisson accuse Sarkozy de manoeuvres autour du CPE 
 
 (Actualisé avec autres éléments du livre) 
    PARIS, 27 septembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy a eu des 
contacts avec Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de 
l'élection présidentielle de 2007 par l'entremise de Patrick 
Buisson et disait partager des valeurs communes avec le Front 
national, affirme son ancien conseiller de l'ombre dans un livre 
à paraître jeudi. 
    Patrick Buisson a été condamné en 2014 à verser 10.000 euros 
de dommages et intérêts provisionnels à Nicolas Sarkozy et à son 
épouse Carla Bruni pour les avoir enregistrés à leur insu.  
    L'ancien chef de l'Etat, voyant la victoire se profiler en 
2007 face à la socialiste Ségolène Royal, aurait dit à son 
expert en analyse de l'opinion : "Appelle Le Pen. Demande-lui ce 
qu'il veut. Faut-il que je le reçoive ? S'il faut le recevoir 
maintenant, tu sais, je le recevrai. Je ne suis pas comme les 
autres. Je sais prendre mes responsabilités, moi." 
    Un premier contact aurait été pris dès le 23 avril, écrit 
Patrick Buisson dans son livre à charge contre l'ancien 
président "La Cause du peuple" (éditions Perrin), selon des 
extraits publiés par l'Express. 
    Le samedi suivant, le conseiller aurait porté à l'ancien 
président du FN, arrivé en quatrième position au premier tour 
avec 10,44% des suffrages, le message selon lequel Nicolas 
Sarkozy, s'il devenait président, s'engagerait à "assurer une 
représentation équitable des minorités dans les deux 
assemblées".  
    Quelques jours plus tard, Jean-Marie Le Pen aurait rappelé 
Patrick Buisson pour lui lire des extraits du discours qu'il 
devait prononcer le 1er mai.  
    Déjà, pendant la campagne, le candidat UMP se serait montré 
très prévenant quand une note de son conseiller l'avait alerté 
sur les risques d'une absence du leader du FN au premier tour, 
faute d'avoir obtenu les 500 parrainages nécessaires à une 
candidature élyséenne, ajoute Patrick Buisson.  
    Selon lui, le candidat UMP aurait donné pour instruction à 
Alain Marleix, le spécialiste des élections de son parti, de 
"faire remonter une cinquantaine de signatures d'élus au 
candidat Le Pen et à lui seul".  
     
    DE QUOI FAIRE EXPLOSER DSK EN VOL  
    Toujours selon Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy aurait 
affirmé en décembre 2005 lors d'une réunion avec des proches: 
"Les valeurs du Front national sont celles de tous les Français. 
C'est la manière dont le FN les exprime qui est choquante. Les 
Français n'aiment pas les plats trop pimentés qui emportent la 
gueule." 
    De même, l'ancien chef de l'Etat se serait emporté quand, 
entre les deux tours de la présidentielle de 2012, son Premier 
ministre François Fillon avait pointé, dans Les Echos, 
"l'incompatibilité des valeurs" entre le FN et la droite 
républicaine. "Qu'est-ce qu'il raconte, Fillon? Bien sûr que 
nous avons des valeurs communes avec le FN", aurait-il dit. 
    En revanche, Nicolas Sarkozy aurait du mépris envers Marine 
Le Pen, qui succédera à son père en 2011, percevant chez elle 
des faiblesses stratégiques et se disant sidéré par son manque 
de culture. 
    Selon Patrick Buisson, l'ancien chef de l'Etat, alors 
ministre de l'Intérieur, aurait laissé se dérouler des émeutes 
aux Invalides le 26 mars 2006, lors du mouvement contre le 
Contrat premier embauche (CPE), pour apparaître comme l'homme 
fort du gouvernement face au Premier ministre Dominique de 
Villepin.  
    Puis, la police intervient et Nicolas Sarkozy apparaît sur 
les lieux, "fier de montrer, aux termes d'un scénario réglé au 
millimètre pour les caméras de télévision, à quel point il 
maîtrisait la situation face à un Premier ministre englué dans 
un affrontement mortifère avec la jeunesse". 
    L'ancien conseiller affirme également que Nicolas Sarkozy se 
vantait d'avoir "de quoi faire exploser" Dominique Strauss-Kahn 
"en plein vol", dont il espérait qu'il serait son adversaire 
pour l'élection présidentielle de 2012, évoquant deux affaires.  
    Selon lui, l'ancien président avait "la mine des mauvais 
jours" au lendemain de l'affaire du Sofitel à New York, car il 
fallait d'abord que le patron du Fonds monétaire international 
(FMI) soit candidat avant que les scandales ne le rattrapent.  
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M1903733 il y a 2 mois

    Nous sommes dans le royaumes des balances tout asimut.

  • M1461628 il y a 2 mois

    Sarkosy est une malédiction partout t ou il passe il sème le trouble, la confusion par ses pratiques douteuses et souvent des trous dans la caisse .....A qui profites le crime souvent à ses amis .....Buisson,Guéant etc.....

  • M1461628 il y a 2 mois

    , la prestation de commande de sondages en moins", avec un forfait à 10.000 euros mensuels, décrit la source. Début octobre 2010, le montant est réévalué à 26.750 euros. Un nouveau contrat était signé, avec Publi-Opinion cette fois, en décembre 2010.Les enquêteurs estiment que sur cette période, de 2009 à 2012, Publi-Opinion a encaissé environ 1,6 million d'euros de l'UMP, au titre des sondages, a relevé la source proche du dossier.

  • M1461628 il y a 2 mois

    Mais l'enquête soulève désormais d'autres questions. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs étudient aussi l'hypothèse que l'UMP, devenue Les Républicains, ait pris en charge à partir de début 2009 une partie des dépenses élyséennes au profit de Patrick Buisson, quand la polémique a éclaté.Une première convention du 1er février 2009 entre Publifact et l'UMP "reprenait pratiquement dans les mêmes termes celle conclue en 2007 avec l'Elysée, la prestation de commande de sondages en mo

  • M1461628 il y a 2 mois

    Au final, les enquêteurs ont retrouvé trace de 235 sondages achetés par le cabinet de Patrick Buisson et revendus à la présidence entre 2007 et 2009, avec un bénéfice pour Publifact de 1,4 million d'euros. L'ancien conseiller venu de l'extrême droite a été mis en examen pour détournement de fonds publics.

  • charleco il y a 2 mois

    Sarkozy qui parle du manque de culture de Marine le Pen : il sait de quoi il parle...