Sapin n'évoquera pas à Berlin un nouveau délai pour le déficit

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MICHEL SAPIN ET ARNAUD MONTEBOURG LUNDI À BERLIN
MICHEL SAPIN ET ARNAUD MONTEBOURG LUNDI À BERLIN

PARIS (Reuters) - Le nouveau ministre des Finances, Michel Sapin, a déclaré qu'il n'évoquerait pas la question d'un nouveau délai pour ramener le déficit public français à 3% du PIB lors de sa prise de contact avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

Cinq jours après la présentation du gouvernement de Manuel Valls, l'ancien ministre du Travail se rend lundi à Berlin en compagnie d'Arnaud Montebourg, qui aura des entretiens en parallèle avec le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel.

Cette visite intervient alors que l'annonce par Michel Sapin, peu après la prise de ses nouvelles fonctions, que la France souhaitait "discuter" du rythme de réduction de son déficit public, a provoqué de nombreuses critiques de responsables européens.

Ceux-ci font valoir que Paris a déjà obtenu un délai de deux ans pour le ramener à 3% du PIB en 2015.

Arnaud Montebourg, qui a ajouté l'Economie à son portefeuille du Redressement productif, a insisté de son côté sur la nécessité de réorienter les politiques européennes et de combattre "toute forme de déflation, de récession et d'austérité."

Cité par le Journal du Dimanche, Michel Sapin a déclaré: "Je ne vais pas en Allemagne pour demander des délais. Je ne parlerai pas de cela".

"Les engagements de baisse du déficit et des prélèvements seront tenus. Nous réduisons les dépenses et les impôts, cela facilite la discussion", indique au journal une source proche de Bercy.

"UN ACTE GRAVE"

L'annonce fin mars d'un déficit public de 4,3% du PIB fin 2013, contre 4,1% prévu dans la trajectoire des finances publiques françaises convenue avec Bruxelles, a soulevé des doutes quant au respect de l'objectif de 3% à l'horizon 2015.

Le gouvernement doit dévoiler d'ici la mi-avril une actualisation de son programme de stabilité en même temps que les détails du "pacte de responsabilité" de François Hollande, qui repose sur des baisses de charges pour les entreprises en échange d'engagements sur l'investissement et l'emploi.

Il exposera dans le même temps le détail des 50 milliards d'euros de baisse des dépenses publiques déjà prévues d'ici la fin du quinquennat, alors qu'il n'a rien dit du financement des baisses d'impôt sur les entreprises comme sur les particuliers qu'il envisage parallèlement.

En attendant, les propos de Michel Sapin sur une renégociation du rythme de la consolidation budgétaire en France ont suscité de nombreux commentaires négatifs en Europe.

"La France doit respecter les mêmes règles que Chypre, que Malte, que tous les autres", a déclaré samedi l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du Parti populaire européen (PPE) à la présidence de la Commission européenne.

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a de son côté déclaré à la Frankfurter Allgemeine Zeitung que la volonté de la France de renégocier ses engagements était un "acte grave" de la part d'un pays qui devrait montrer l'exemple à l'Europe.

"Nous devrions rappeler la France à ses responsabilités", a-t-il dit en écho aux propos tenus dans le même journal par le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, le Finlandais Olli Rehn, qui a jugé que les règles communautaires n'étaient "pas faites pour être contournées".

(Yann Le Guernigou, édité par Guy Kerivel)

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  • fquiroga le lundi 7 avr 2014 à 07:22

    Aucune réduction de dépenses a attendre....les énarques ne savent que taxer.....

  • e.leliev le dimanche 6 avr 2014 à 17:53

    "Je ne vais pas en Allemagne pour demander des délais. Je ne parlerai pas de cela".mais on va, sans aucun doute, lui en parler

  • janaliz le dimanche 6 avr 2014 à 17:02

    Les éoliennes partent à l'aventure du côté de Berlin. A priori pour une promenade touristique... si j'osais une comparaison wagnérienne, je dirais le Vaisseau Fantôme contre la Chevauchée des Walkyries... Je parle d'un point de vue économique, naturellement...

  • jyth01 le dimanche 6 avr 2014 à 17:00

    on est dans le niveau zéro avec ces résidus de l'époque Mitterand. Je remercie ici l'Europe et les Allemands de les empêcher de tondre encore plus le secteur privé. Mais ils n'annoncent toujours pas de baisse drastique des effectifs fonctionnaires!!

  • bsr16 le dimanche 6 avr 2014 à 16:55

    bon il faut savoir ...demandera ou demandera pas ?

  • muck12 le dimanche 6 avr 2014 à 16:35

    la TVA sera de 25% dans quelques mois

  • muck12 le dimanche 6 avr 2014 à 16:33

    bonjour les nouveaux impots

  • dgui2 le dimanche 6 avr 2014 à 15:38

    Si lui ne "parle pas de celà", peut-être que ce sont les autres qui lui en parleront.... So, what ?

  • denisam1 le dimanche 6 avr 2014 à 15:36

    C'est un délai à ""perpétuité ""

  • a2014out le dimanche 6 avr 2014 à 15:30

    Une chose est claire : fin 2015, les 3% ne seront pas tenus, puisque Sapin annonce que cet objectif sera atteint. A l'instar de la courbe du chômage.

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