Sapin et Montebourg jouent chacun leur partition à Berlin

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BERLIN (Reuters) - Les ministres français des Finances et de l'Economie ont défendu chacun leur priorité lundi, le premier promettant le sérieux budgétaire tandis que le second insistait sur le besoin de croissance, jugeant les comptes publics "accessoires".

Michel Sapin et Arnaud Montebourg, deux hommes si différents que leur cohabitation à Bercy a fait naître des craintes de cacophonie au gouvernement, ont joué leur partition parallèle dès leur première sortie officielle, un déplacement à Berlin.

Le premier avait assuré lors de sa prise de fonction, la semaine passée, qu'ils parleraient "d'une seule voix".

"Vous aurez le sentiment de la cohérence, de la cohésion", avait le ministre des Finances et des Comptes publics. "Nous partagerons toutes les réflexions, nous partagerons tous les grands débats et nous agirons d'une seule voix."

Lors d'une conférence de presse avec son homologue Wolfgang Schäuble, Michel Sapin a expliqué qu'il fallait trouver le bon équilibre entre la croissance et le redressement des comptes, au moment où les partenaires de la France craignent qu'elle ne parvienne pas à réduire son déficit public sous 3% du produit intérieur brut fin 2015 comme elle s'est engagée à le faire.

"Nous avons tous conscience que le chemin qui nous mène vers la sortie définitive de crise passe premièrement par le respect de nos engagements et deuxièmement par une croissance économique supérieure", a-t-il dit. "C'est l'équilibre entre les deux qui peut permettre à nos pays de retrouver un chemin plus solide."

Wolfgang Schäuble a quant à lui estimé que la France avait confirmé qu'elle avait conscience de ses responsabilités.

UNE QUESTION "ACCESSOIRE" POUR MONTEBOURG

Après un déficit équivalent à 4,3% du PIB fin 2013, supérieur aux prévisions, l'objectif de le réduire à 3,6% fin 2014 et sous la limite européenne de 3% fin 2015 s'est compliqué. La nouvelle trajectoire des finances publiques sera présentée la semaine prochaine au Parlement.

Michel Sapin avait déclaré jeudi que la France discuterait avec ses partenaires du rythme de la réduction des déficits.

Arnaud Montebourg a été plus direct, en expliquant que la gestion budgétaire ne devait pas être prioritaire.

"La question des comptes publics est une question accessoire par rapport à la croissance", a dit le ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique, sur I>Télé, à Berlin.

"La croissance, c'est elle qui crée des emplois, les comptes publics ça ne crée aucun emploi, ça peut même en détruire", a-t-il ajouté. "C'est le message que j'adresse ici à nos amis allemands, qui d'ailleurs font preuve de compréhension."

Michel Sapin a promis que le gouvernement prendrait sur les déficits "des décisions difficiles, courageuses" et que le coeur du programme gouvernemental était d'accroître la compétitivité des entreprises.

Le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, présentera mardi lors de son discours de politique générale le "pacte de responsabilité" qui doit baisser le coût du travail de 10 milliards d'euros.

(Jean-Baptiste Vey à Paris, avec Annika Breidthardt à Berlin, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le lundi 7 avr 2014 à 18:40

    OK avec la philosophie de Bruxelles/ l’Allemagne..On est des traînes savates (PS et consort) le seul Pays des cigales du SUD, qui ne veut pas rentrer dans les clous de la sagesse par démagogie et mauvaise gestions des finances du Pays...Honte à nos dirigeants Mafieux/Rentiers et spoliateurs ...Vivement que nous soyons sous tutelle duFMI/UE ! Les glandeurs et profiteurs sont le fonds de commerce de ce PS de Ka-/Ka et ruinent la France. Affûtons nos piques!...

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