Santos reconnaît la responsabilité de l'Etat colombien dans des assassinats politiques

le
0
    BOGOTA, 16 septembre (Reuters) - Juan Manuel Santos a 
reconnu jeudi la responsabilité de l'Etat colombien dans le 
meurtre de milliers de membres et de partisans du parti 
politique créé par les rebelles des Farc dans les années 1980. 
    Le président colombien s'est engagé à ce qu'une telle 
campagne d'assassinats ne se reproduise pas alors qu'il doit 
signer le 26 septembre un accord avec les Forces armées 
révolutionnaires de Colombie (Farc) pour mettre fin à 52 ans 
d'un conflit civil qui aura fait plus de 220.000 morts et des 
millions de déplacés. 
    A la suite d'un précédent accord de paix conclu dans les 
années 1980, les Farc avait créé l'Union patriotique (UP), dont 
environ 5.000 membres et partisans ont ensuite été tués par des 
groupes paramilitaires de droite bénéficiant généralement du 
soutien des autorités. 
    "Cette tragédie n'aurait jamais dû se produire et nous 
devons reconnaître que le gouvernement n'a pas pris les mesures 
suffisantes pour empêcher et prévenir ces assassinats, ces 
attaques et d'autres violations malgré les preuves que cette 
persécution était en marche", a dit Juan Manuel Santos lors 
d'une cérémonie à laquelle ont assisté 200 survivants et parents 
de victimes de l'UP. 
    Dans le cadre de l'accord de paix qui sera signé le 26 
septembre, l'Etat s'engage à garantir la sécurité des rebelles 
quand ils auront déposé les armes. Les Farc prévoient de créer 
un parti politique et de participer aux élections. 
    "Je prends aujourd'hui l'engagement solennel devant vous de 
prendre toutes les mesures nécessaires et de donner toutes les 
garanties pour que plus jamais en Colombie une organisation 
politique n'ait à subir ce que l'UP a enduré", a dit le 
président colombien. 
    Les Farc ont pour leur part présenté leurs excuses lundi 
pour la "grande douleur" qu'ils ont provoquée en enlevant des 
milliers d'otages au cours de leurs décennies d'insurrection. 
  
 
 (Luis Jaime Acosta; Bertrand Boucey pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant