Santos et le chef des Farc pressentis pour le Nobel de la paix

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    par Alister Doyle et Jessica Jaganathan 
    OSLO, 29 septembre (Reuters) - En remettant le prix Nobel à 
la Colombie quelques semaines à peine après l'accord de paix 
entre Bogotá et la guérilla des Farc, le comité chargé de son 
attribution pourrait renouer avec sa tradition et distinguer des 
personnalités et non des organisations. 
    Le prix, qui sera remis le 7 octobre, pourrait en effet être 
remis à la fois au président colombien Juan Manuel Santos et au 
dirigeant de la guérilla marxiste des Farc, Rodrigo Londono, 
appelé sous son nom de guerre "Timochenko". 
    "Cet accord est l'un des candidats les plus sérieux au prix 
que j'ai jamais vus", souligne l'historien Asle Sveen. 
    Un tel prix serait une première depuis celui obtenu par la 
militante guatémaltèque des droits de l'homme Rigoberta Menchu 
en 1992. 
    En le remettant à la Colombie, le comité renouerait avec sa 
tradition d'octroyer la récompense à des personnalités qui ont 
contribué à faire avancer la paix. Le comité Nobel, composé de 
trois femmes et deux hommes, pourrait d'ailleurs ne pas être 
insensible au fait que l'accord ait été conclu avec la 
contribution de la Norvège. 
    Ces quatre dernières années, des organisations ont été 
distinguées à trois reprises, ce que déplorent certains 
observateurs. 
    "Cela a suscité moins d'intérêt dans les médias lorsque (le 
lauréat) était uniquement une organisation, souligne Geir 
Lundestad, secrétaire du Comité Nobel de 1990 à 2014. 
    Longtemps, l'octroi d'un prix Nobel à une organisation était 
associé à une personnalité, comme lorsque les Nations unies ont 
été récompensées en même temps que leur secrétaire général de 
l'époque, Kofi Annan, offrant ainsi un visage au lauréat. 
    Parmi les autres candidats possibles, figure Svetlana 
Gannushkina, militante russe des droits de l'homme, les Casques 
blancs syriens, un groupe de civils qui se charge de secourir 
les victimes du conflit, ou les habitants des îles grecques qui 
viennent en aide aux réfugiés syriens. 
    Les négociateurs de l'accord sur le programme nucléaire 
iranien sont également évoqués, ainsi qu'Edward Snowden, 
l'ancien analyste de la CIA qui a révélé un vaste scandale 
d'espionnage sur le sol américain. 
    Kristian Berg Harpviken, qui dirige l'Institut de recherche 
sur la paix d'Oslo place Svetlana Gannouchkina au rang de 
favorite, soulignant qu'un tel prix aurait valeur de camouflet 
pour Vladimir Poutine. 
    "Dans dix ans, on risque de juger que le comité Nobel a 
péché par omission", dit-il, estimant que les violations des 
droits de l'homme par la Russie n'ont pas été suffisamment 
soulignées lorsque Moscou a annexé la Crimée en 2014. 
    Outre le prix Nobel de la paix, sont également attendus le 
Nobel de médecine le 3 octobre, celui de physique le 4 octobre, 
celui de Chimie le 5 octobre et celui d'économie le 10 octobre. 
La date de l'annonce du Nobel de littérature n'est pas fixée. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
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  • cavalair il y a 4 mois

    L'Oncle Adolphe et Joseph S avaient eux aussi ete presente au Nobel en 1936, ces grands pacifistes

  • oisif il y a 4 mois

    C'est Ingrid Bettencourt qui va être contente