Santander-Ana Botin tourne la page de l'ère paternelle

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* Ana Botin choisit un DG expérimenté, refond le conseil * Elle tourne la page Emilio Botin * Les analystes attendent plus de transparence sur certains points (Actualisé avec des précisions, contexte, cours de Bourse) par Jesús Aguado et Sonya Dowsett MADRID, 25 novembre (Reuters) - Ana Botin, la nouvelle présidente de Santander SAN.MC , a annoncé mardi une refonte de la direction de la première banque de la zone euro, tournant la page de 28 années de règne paternel et voulant imposer à l'établissement une allure plus jeune et plus internationale. La décision d'évincer le directeur général Javier Marin pour le remplacer par le directeur financier Jose Antonio Alvarez convient à des investisseurs qui y voient la volonté d'Ana Botin de redonner du mordant à une banque qui a subi le contrecoup de cinq années de récession en Espagne. "M. Alvarez est un responsable expérimenté et reconnu, dont l'action devrait être positive pour Santander et ses actions", écrivent des analystes de Citi. "Nous attendons continuité, prévisibilité et sans doute plus de transparence sur des questions telles que le capital et les priorités stratégiques". Jose Garcia Cantera remplacera Alvarez à la direction financière. La nouvelle équipe dirigeante, qui entrera en fonction le 1er janvier, doit démontrer que la banque peut réduire ses coûts, renforcer son capital et préserver sa position de leader tout en se développant dans des marchés tels que les Etats-Unis et l'Europe de l'est. La banque a nommé trois nouveaux administrateurs indépendants, dont l'un, Bruce Carnegie-Brown, occupe une nouvelle fonction d'administrateur indépendant en chef. Il était auparavant pressenti pour occuper la présidence de la filiale britannique de Santander. Certaines banques ont créé un tel poste après la crise financière et dans le but également de renforcer leur responsabilité morale, une manière de plaire aux investisseurs internationaux qui, dans le cas de Santander, estimaient précisément que le conseil n'était pas suffisamment indépendant car hébergeant, jusqu'à récemment, trois membres de la famille Botin. "En procédant à ces changements, qui interviennent à tous les niveaux de la banque, Ana Patricia dit haut et fort que c'est bien elle qui est aux commandes", commente Enrique Quemada, directeur général de la banque d'investissement ONEtoONE. "Les nominations rendent le conseil plus international et mettent en avant des personnes qui ont travaillé avec elle en Grande-Bretagne, comme Bruce Carnegie-Brown". L'action Santander gagnait 1,2% à 7,18 euros dans l'après-midi en Bourse de Madrid. Emilio Botin avait pris les rênes de la banque en 1986, succédant à son père, et avait transformé un établissement essentiellement local en une banque d'importance systémique, présente en force dans 10 pays dont la Grande-Bretagne, le Brésil, les Etats-Unis, le Mexique, l'Argentine et la Pologne. Cette diversification internationale a permis à l'établissement de résister à la récession de l'Espagne mais les investisseurs sont déçus ces derniers temps par le rythme du redressement de son activité de prêt. De l'avis des analystes, Santander doit faire mieux en matière de réduction des coûts et doit aussi renforcer ses fonds propres. Lorsque Ana Botin a pris la place de son père, décédé en septembre, après avoir dirigé Santander UK, elle a affirmé qu'elle défendrait l'héritage de ce dernier, axé sur l'international, une politique de dividende généreuse et un souci constant de la clientèle. Mais les décisions annoncées ce mardi montrent aussi que son style de management se dégagera de l'empreinte paternelle, Ana Botin ayant rompu les liens avec nombre des alliés d'Emilio. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)


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