Santa Cruz : 100 ans à la vie, à la mort (Part II)

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Santa Cruz : 100 ans à la vie, à la mort (Part II)
Santa Cruz : 100 ans à la vie, à la mort (Part II)

Cette année, le Santa Cruz FC a fêté son centenaire. Un siècle au cours duquel l'histoire du club brésilien de Recife s'est moins jouée sur le terrain que dans ses tribunes. Où après une messe, un stop pour manger du cochon grillé et une conversation avec Jesus dans la première partie publiée hier mardi, il est ici question d'une cuvette de WC meurtrière et de matchs de D4 devant 60 000 torcedores.

Santa Cruz : 100 ans à la vie, à la mort (Part I)

Qu'il le veuille ou non, Jesus Tricolor est un torcedor símbolo, comme on baptise les supporters stars des clubs brésiliens. Le Santa Cruz en compte d'autres, dont le plus secoué habite Garanhuns, à 230 km de Recife, un peu plus dans les terres. Difficile de rater la maison de Bacalhau : son parvis et sa façade sont aux couleurs du club. Tout comme l'intérieur, du sol au plafond, et dans le moindre détail puisque même le papier hygiénique est noir-blanc-rouge. Idem pour son futur cercueil et le caveau qui l'attend dans le cimetière de la ville. Le septuagénaire lui-même s'est joliment peint les cheveux et les ongles, jusqu'à ses dents toutes arrachées et remplacées par des implants tricolores. La mascotte du club a poussé le vice jusqu'à avoir onze enfants et se rendre un jour à Salvador à vélo, soit 1 000 km en quinze jours, tout ça pour se tromper de tribune, s'asseoir au milieu des supporters adverses et voir le Santa Cruz encaisser cinq pions à zéro.


Bacalhau n'est que l'épiphénomène folklorique de la passion qui anime les supporters du Tricolor, ce que traduit l'un des surnoms du club : "O Mais Querido", le plus aimé. Un titre nullement galvaudé. La preuve : alors que des gestions désastreuses provoquent trois relégations successives, plongeant le club dans les abysses de la série D en 2008, la ferveur populaire redouble à Arruda. En 2011, toujours en 4e division, le Santa Cruz possède la meilleure moyenne de spectateurs du pays avec 37 000 spectateurs, loin devant les puissants de série A que sont Corinthians et Santos. En 2012, il se classe à la 39e position dans le top 100 des meilleures affluences mondiales. Enfin, le match de l'accession en série B, en novembre 2013 contre Betim, s'est joué devant plus de 60 000 torcedores. "Souffrir ensemble, en groupe, constitue une identité, observe alors le psychologue Jacques Akerman dans le magazine Veja. Le masochisme, d'un point de vue individuel autant que collectif, est une forme de plaisir." Normal donc que le public revendique le...





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