Sans repreneur, Heuliez sera fixé sur son sort le 30 septembre

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ARNAUD MONTEBOURG JUGE QU'HEULIEZ N'A PAS D'AVENIR
ARNAUD MONTEBOURG JUGE QU'HEULIEZ N'A PAS D'AVENIR

BORDEAUX (Reuters) - Le tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) a constaté lundi l'absence d'offre de reprise pour l'équipementier automobile Heuliez SAS et s'est donné jusqu'au 30 septembre pour fixer le sort de ses 290 salariés, a-t-on appris de source syndicale.

Seule la création d'une société d'économie mixte (Sem) proposée par la région Poitou-Charentes présidée par Ségolène Royal pourrait désormais sauver de la liquidation une entreprise dont le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a estimé lundi qu'elle n'avait "pas d'avenir".

Placée en redressement judiciaire au mois d'avril dernier, l'entreprise de Cerizay a suscité l'intérêt de trois repreneurs potentiels - le groupe industriel espagnol Cosmos, le consultant allemand Matthias Bittner et le Français Christian de Léotard - mais aucun d'entre eux n'a déposé d'offre.

Cosmos, qui semblait le mieux placé, a refusé de s'engager sans la garantie que le constructeur automobile allemand Volkswagen choisisse Heuliez pour un contrat de fourniture de pièces de rechange représentant plusieurs dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires par an.

Heuliez serait en bonne position mais Volkswagen fait jouer la concurrence et ne devrait rendre sa décision qu'après le 15 octobre. Pour confirmer l'intérêt qu'il porte à Heuliez, Cosmos était cependant représenté lundi matin au tribunal de commerce.

Faute de repreneur, le tribunal a encore une carte en main, celle de la Société d'économie mixte (Sem) dont la création a été proposée par la région Poitou-Charentes présidée par l'ancienne candidate à l'élection présidentielle pour maintenir le site en état le temps que la situation se débloque.

"Nous pensons que le tribunal se dirige vers une liquidation de l'entreprise avec poursuite de l'activité pendant un mois, le temps de procéder aux livraisons des commandes en cours", a indiqué à Reuters le délégué CFDT Xavier Cailloux.

MONTEBOURG FÂCHE LES SYNDICATS

Ce projet de SEM, dont les 650.000 euros de capital seraient assurés à 85% par des fonds publics, pourrait voir le jour au cours de cette période.

La Sem pourrait assurer de 20 à 30 emplois, 100 à 150 autres pouvant être préservés pour assurer la poursuite des activités actuelles, le reste faisant partie d'un plan social inévitable, selon le syndicat CFDT.

Dans ce contexte, les déclarations d'Arnaud Montebourg lundi sur i>TELE ont été très mal accueillies par les salariés.

"Nous ne sommes pas là pour mettre des ressources rares dans des entreprises qui n'ont pas d'avenir", a dit le ministre du Redressement productif après avoir rappelé que des aides avaient déjà été apportées à trois reprises.

"Ça nous reste en travers de la gorge. Ce n'était pas forcément le bon jour pour en parler comme ça", a dit Xavier Cailloux. "On peut comprendre que l'Etat ne puisse pas tout mais nous, nous croyons à l'avenir de notre entreprise. Il peut venir le constater lui-même sur place et venir en discuter avec nous."

Un comité d'entreprise extraordinaire était prévu lundi après-midi, où devrait être abordé l'avenir immédiat et le plan social, dont le protocole n'est toujours pas signé alors que les représentants du personnel ont demandé une indemnité supra-légale de 10.000 euros brut par salarié licencié.

Le groupe familial Heuliez créé en 1920, et en grande difficulté à partir de 2006, avait été sauvé en 2010 grâce à la reprise de la partie historique de carrosserie, ferrage, emboutissage et assemblage par BGI, et par celle de la branche voiture électrique par un industriel allemand sous la marque Mia Electric.

Mia Electric a été repris par le consortium d'investisseurs internationaux Focus Asia GmbH (88%), la Région Poitou-Charentes qui était entré au capital lors de la reprise en conservant toujours 12%.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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