Sans Damas, impossible de lutter contre l'EI, déclare Poutine

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(Actualisé avec la Maison blanche, §§ 4, 5) DOUCHANBE, 15 septembre (Reuters) - La Russie continuera de soutenir militairement le régime du président syrien Bachar al Assad, dont le rôle est indispensable pour lutter contre les djihadistes de l'Etat islamique, a déclaré mardi Vladimir Poutine. "Il est évident que sans les autorités syriennes et le rôle actif joué par les militaires, sans l'armée syrienne combattant au sol l'Etat islamique, il serait impossible de chasser les terroristes de ce pays et de la région dans son ensemble", a estimé le président russe lors d'une visite à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. "Si la Russie n'avait pas soutenu la Syrie, la situation dans ce pays serait encore pire qu'en Libye, et le flot de réfugiés serait encore plus élevé", a-t-il ajouté par allusion à la crise migratoire à laquelle l'Union européenne est confrontée, en critiquant au passage les conséquences de l'intervention armée franco-britannique en Libye en 2011. A Washington, la Maison blanche a souhaité mardi que la Russie s'engage "de façon plus constructive" avec la coalition internationale dans la lutte contre l'Etat islamique, au lieu de chercher à renforcer sa présence militaire en Syrie. Le porte-parole de la présidence américaine, Josh Earnest, a ajouté que le président Barack Obama appellerait probablement le président russe à ce sujet "quand il estimera que cela pourra servir nos intérêts". Depuis le début du mois, les Etats-Unis, qui dirigent depuis un an une campagne de frappes aériennes contre l'Etat islamique en Irak et en Syrie, disent observer un renforcement de la présence militaire russe en Syrie. Ils soupçonnent Moscou de vouloir installer une base aérienne près de Lattaquié, le bastion du clan Assad. Selon certains commentateurs à Washington, le Kremlin chercherait à conforter sa position en cas de négociations des grandes puissances pour tenter de mettre fin au conflit syrien. Dmitri Peskov a déclaré mardi que le dialogue entre Moscou et Washington était indispensable pour résoudre la crise syrienne. Il était interrogé sur le fait de savoir si Vladimir Poutine et Barack Obama pourraient se rencontrer sur ce dossier. Selon des sources diplomatiques, ces discussions pourraient avoir lieu à la fin du mois lors de l'Assemblée générale des Nations unies. Vladimir Poutine se rendra alors aux Etats-Unis pour la première fois depuis huit ans. La Russie, principale alliée de Damas avec l'Iran, admet avoir des "experts militaires" accompagnant la fourniture d'armes à la Syrie, mais ne confirme pas avoir accru sa présence sur le terrain ni ses livraisons d'armes à Damas. (Gabriela Baczynska, Darya Korsunskaya, avec Roberta Rampton et Susan Heavey à Washington; Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français)

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