Sanofi supprimera 900 postes en France, moins que prévu

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COR-SANOFI VISE 900 RÉDUCTIONS DE POSTES EN FRANCE À L'HORIZON 2015
COR-SANOFI VISE 900 RÉDUCTIONS DE POSTES EN FRANCE À L'HORIZON 2015

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Sanofi a annoncé mardi qu'il prévoyait de supprimer environ 900 postes en France à l'horizon 2015, un objectif revu en nette baisse par rapport au scénario que craignaient les syndicats, dans un dossier suivi de près par le gouvernement.

Le groupe pharmaceutique a précisé dans un communiqué qu'"aucune délocalisation de site et aucune modification du nombre de sites industriels en France n'est prévue".

Mais il a ajouté que la vocation du site de recherche de Toulouse, qui emploie près de 600 chercheurs, "reste à préciser", indiquant avoir identifié "des acteurs susceptibles d'y poursuivre des activités scientifiques ou technologiques".

Sanofi n'avait pas fourni d'indications chiffrées en annonçant en juillet une restructuration de ses activités françaises, et a précisé mardi que les réductions de postes se feraient sur la base du volontariat.

Les syndicats avaient estimé entre 1.200 et 2.500 le nombre des postes que le groupe voulait supprimer, sur un total de quelque 28.000 postes en France.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a déclaré mardi à la presse que le gouvernement avait obtenu de Sanofi une limitation du nombre des réductions de postes, ajoutant qu'une dernière réunion s'était tenue à l'Elysée lundi soir avec Sanofi.

Le ministre a déclaré que Sanofi envisageait encore fin juin-début juillet de supprimer 2.500 postes, ajoutant qu'après des discussions "âpres et franches" ce nombre avait été ramené dans un premier temps à 1.350 puis à 900 postes.

Il a également assuré avoir obtenu que "la question toulousaine" soit "sortie et séparée" et qu'elle "fasse l'objet d'une discussion dans le cadre d'un groupe de travail".

Aucune commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat chez Sanofi sur ce point.

INQUIÉTUDES À TOULOUSE ET MONTPELLIER

Pour riposter aux annonces du groupe pharmaceutique, l'intersyndicale a fait savoir qu'elle organiserait une journée de mobilisation le 3 octobre, jour de la réunion du comité de groupe. Elle comptait par ailleurs reprendre contact dans la journée avec Arnaud Montebourg.

Sanofi, dans son communiqué, a confirmé que la restructuration de ses activités en France concernerait la recherche mais aussi les vaccins et les services supports.

Les sites de recherche de Toulouse et Montpellier cristallisent les inquiétudes des salariés.

Pour Toulouse, dont les syndicats craignaient la fermeture, Sanofi a précisé qu'il mettrait rapidement en place un groupe de travail qui réunira des représentants du groupe, du gouvernement et des acteurs publics locaux "avec pour mission de concrétiser au cours des prochains mois des solutions".

Pierre Cohen, le maire de Toulouse, a demandé dans un communiqué que la future réorganisation du site "se fasse dans le respect, la reconnaissance et la transparence avec les salariés".

Il a par ailleurs souhaité qu'Arnaud Montebourg organise "le plus rapidement possible une table ronde avec la direction du groupe pharmaceutique, les syndicats, les élus locaux et le ministère pour travailler ensemble sur l'avenir du site toulousain".

Quant au site de Montpellier, qui compte 200 chercheurs, Sanofi a indiqué qu'il "évoluerait progressivement vers un centre stratégique dédié au développement".

"Il (Sanofi) confirme sa volonté de se désengager de Toulouse et d'arrêter les activités de recherche sur Montpellier", a déclaré Thierry Bodin, le coordonnateur CGT du groupe. Le "chiffre de 900 (réductions de postes) ne tient pas compte des effectifs de Toulouse."

Pascal Vially, coordonnateur de la CFDT, observe lui aussi qu'au total, "1.500 postes risquent d'être supprimés".

"Cela reste dans la fourchette basse de ce que l'on craignait, mais c'est toujours trop", a-t-il ajouté.

L'action Sanofi a clôturé mardi en hausse de 0,68% à 69,23 euros, portant ainsi à 22% sa progression depuis le début de l'année.

Avec la contribution de Gilles Guillaume et Emile Picy à Paris et Jean Decotte à Toulouse, édité par Jean-Michel Bélot

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