Sanofi réorganise sa chimie, les syndicats craignent une cession

le
0
    * Sanofi veut créer deux entités opérationnelles dans la 
chimie 
    * Une pour ses propres besoins, l'autre pour ceux de ses 
clients 
    * L'objectif est de "gagner en réactivité", dit Sanofi 
 
    par Noëlle Mennella 
    PARIS, 3 octobre (Reuters) - Sanofi  SASY.PA  va réorganiser 
son activité de chimie pour la scinder en deux entités, l'une 
fabriquant les molécules pour son propre compte et l'autre pour 
des clients tiers, a appris lundi Reuters. 
    Sanofi envisage de regrouper les forces commerciales de son 
activité "tiers", qui produit notamment des vitamines B12 où des 
corticoïdes pour des sociétés externes, avec les unités de 
production de ses principes actifs (Elbeuf et Vertolaye en 
France, Ujpest en Hongrie) donnant naissance à une entité 
économique regroupant 1.600 personnes, a précisé un porte-parole 
du laboratoire pharmaceutique. 
    Le projet a été présenté la semaine dernière en comité 
central d'entreprise (CCE). Il serait mis en oeuvre à partir du 
1er janvier 2017, selon un document que Reuters s'est procuré. 
    Dans ce même document, Sanofi écrit que "la chimie-biochimie 
doit améliorer sa performance en diminuant ses coûts de revient 
de 20% entre le budget 2015 et le réel 2018" et que "ces 20% 
représentent la distance minimum qui nous sépare de nos 
compétiteurs". 
    "Sanofi ne se désengage pas de la chimie et il n'y aura pas 
d'impact sur les effectifs" mais se laisse "la possibilité 
d'envisager différentes options pour définir la meilleure 
stratégie de développement de cette entité, qu'il s'agisse d'une 
cession, d'une joint-venture ou d'un maintien au sein de 
l'entreprise", a expliqué le porte-parole du groupe. 
    "Cette nouvelle organisation permettra à Sanofi de gagner en 
réactivité et ainsi de mieux répondre aux attentes de ses 
clients tiers. Elle contribuera à une croissance durable de 
l'activité des sites concernés." 
    Les syndicats CGT et CFDT craignent qu'un projet de scission 
des activités chimiques aboutisse assez vite à une cession de 
l'activité pour tiers. 
    "Nous avons le sentiment que le projet de cession est celui 
que privilégie la direction. Pour nous, c'est inacceptable car 
l'activité est rentable et qu'une cession fragiliserait 
l'ensemble des activités du groupe", commente Thierry Bodin, 
coordinateur CGT de Sanofi. 
    L'activité de vente aux tiers représente un chiffre 
d'affaires annuel d'environ 400 millions d'euros. 
    A la CFDT, un élu au CCE estime que "le choix de la cession 
est déjà fait mais qu'il ne devrait être annoncé qu'à partir du 
second semestre 2017", après l'élection présidentielle. 
    "Sanofi se sépare de Zentiva, son activité de médicaments 
génériques en Europe, et de Merial (santé animale) ; pourquoi 
garderait-il son activité "tiers" qui n'est pas son coeur de 
métier ? La cession est donc logique à terme", ajoute ce 
syndicaliste. 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant