Sanofi plie sous le poids des génériques et attend 2013

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SANOFI PLIE SOUS LE POIDS DES GÉNÉRIQUES
SANOFI PLIE SOUS LE POIDS DES GÉNÉRIQUES

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Les bonnes performances de Sanofi réalisées en 2012 dans le diabète et les pays émergents n'ont pu compenser l'effet de la concurrence des génériques sur les grands médicaments du laboratoire, un facteur qui continuera d'ailleurs à peser au premier semestre 2013.

Même si le groupe prévoit un retour à la croissance sur la deuxième partie de 2013, il prévient que sur la totalité de l'exercice en cours son bénéfice par action annuel devrait être stable voire en baisse de 5%.

En 2012, ce résultat a déjà reculé de 12,8% alors que Sanofi avait prévu une baisse d'"environ 12%".

La déception causée par la prévision du groupe pour 2013 fait chuter l'action du leader mondial des vaccins qui, du coup, rétrocède à Total la place de première capitalisation de la Bourse de Paris qu'il lui avait ravi en novembre dernier.

A 10h40, l'action Sanofi perdait 3,2% à 67,15 euros faisant ressortir une capitalisation boursière de 89,2 milliards d'euros (93 milliards pour Total) portant sur recul depuis le début de l'année à 5,8%.

Elle a progressé de 25,8% en 2012, soit quasiment deux fois plus que l'indice sectoriel (+12,09%) et que le CAC 40 (+14,57%).

"Les tendances du chiffre d'affaires sont encourageantes mais la prévision de bénéfice par action pour 2013 est décevante. Le marché n'attendait pas qu'il baisse cette année", commente Philippe Lanone (Natixis).

Au quatrième trimestre de l'exercice 2012, les ventes de Sanofi ont cru de 0,2% à données publiées (-1,7% à changes constants) à 8.526 millions d'euros (consensus de 8.560 millions).

Sur cette période le bénéfice net a reculé de 24,3% à 1.572 millions (consensus 1.540 millions), soit 1,19 euro par action (-23,7%) tandis que le résultat opérationnel des activités s'inscrit à 2.096 millions d'euros (-25,9%).

Comme son concurrent britannique GlaxoSmithKline, Sanofi pâtira aussi en 2013 des mesures d'austérité impliquant une pression plus forte que prévue sur les prix des médicaments.

Lors d'une conférence de presse téléphonique, Christopher Viehbacher, le directeur général de Sanofi a chiffré à 300 millions d'euros le poids que pourrait avoir ces mesures d'austérités sur les comptes 2013 du groupe.

BAISSE DE LA DETTE

Plus tard, sur la radio BFM, Christopher Viehbacher a rappelé qu'entre 2010 et 2012, Sanofi avait perdu cinq milliards de chiffre d'affaires et deux milliards de bénéfices net à cause des copies aux Etats-Unis de ses médicaments vedette - les "blockbusters -Plavix et Aprovel.

L'effet résiduel de la perte d'exclusivité de ces deux médicaments aux États-Unis devrait représenter un impact d'environ 800 millions d'euros sur le résultat net à taux de change constants au premier semestre 2013.

Les plates-formes de croissance du groupe, que sont notamment les pays émergents et le diabète, ainsi que les acquisitions réalisées ont permis d'affronter cette "falaise" des brevets, a ajouté le directeur général.

Il s'est refusé à tout commentaire concernant la rumeur d'un éventuel intérêt pour le groupe d'ophtalmologie Bausch & Lomb assurant que Sanofi avait aujourd'hui atteint une taille critique.

Néanmoins, il a répété que le laboratoire pourrait dépenser entre un et deux milliards d'euros pour éventuellement réaliser des opérations stratégiques.

Enfin, Christopher Viehbacher, a justifié la réorganisation de sa recherche en France annoncée en juillet dernier estimant qu'elle traduisant "une volonté d'anticiper les problèmes" alors que depuis 2005 le groupe n'a lancé qu'un seul produit issu de sa propre recherche.

De leur côté, les syndicats du groupe, dont l'opposition au projet du groupe ne faiblit pas, dénoncent "une politique à court terme purement tournée vers l'enrichissement des actionnaires".

La cour d'appel du Tribunal de Paris se prononcera le 11 mars prochain sur le recours de l'intersyndical relatif à la validité du projet de restructuration de la recherche.

En 2012, Sanofi a réalisé 60% de son programme de réduction de coûts de deux milliards d'euros et cible un objectif d'au moins 500 millions d'euros d'économies en 2013.

Sanofi versera un dividende de 2,77 euros par action au titre de 2012 (2,65 euros en 2011) correspondant à un taux de distribution de son bénéfice de 45%.

Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot

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