Sanofi ne fera pas marche arrière dans les marchés émergents

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SANOFI NE FERA PAS MARCHE ARRIÈRE DANS LES MARCHÉS ÉMERGENTS
SANOFI NE FERA PAS MARCHE ARRIÈRE DANS LES MARCHÉS ÉMERGENTS

par Sumeet Chatterjee

BOMBAY (Reuters) - Sanofi persistera à se développer dans les marchés émergents par le biais d'acquisitions même si les Etats y surveillent de près les prix et les pratiques des laboratoires occidentaux, a déclaré son directeur général Chris Viehbacher.

Les grands laboratoires tels que Sanofi, Pfizer ou encore AstraZeneca se rabattent sur les pays émergents où la demande est en constante progression, alors que leurs ventes sur les marchés développés ralentissent parce que nombre de médicaments à succès tombent dans le domaine public.

"Les marchés émergents comptent six milliards d'individus et je pense que cela n'ira pas tout seul de temps à autres mais le besoin de santé est indéniable", a expliqué Chris Viehbacher à la presse lundi à Bombay.

La filiale indienne de Sanofi et Carlyle Group négocient chacun de leur côté la reprise de l'activité de formulation de l'indien Elder Pharmaceuticals pour 400 à 450 millions de dollars, avaient déclaré en juillet trois sources proches du dossier.

Chris Viehbacher n'a fait aucun commentaire à ce sujet mais a dit que Sanofi continuerait de rechercher des opportunités d'acquisition dans les marchés émergents, qui représentent le tiers du chiffre d'affaires du groupe français.

Les laboratoires occidentaux, avides de s'imposer sur un marché pharmaceutique indien de 13 milliards de dollars et dont la croissance est rapide, ont subi l'impact des décisions prises ces derniers temps par le gouvernement en matière de propriété intellectuelle et de formation des prix.

Chris Viehbacher estime qu'au lieu de vouloir à tout prix faire baisser les prix des médicaments, les autorités indiennes devraient s'attacher à promouvoir un meilleur accès aux soins de qualité et à investir dans l'innovation. Le pays consacre 5% de son PIB environ à la santé.

Concernant la Chine, le patron de Sanofi pense que l'industrie pharmaceutique doit soutenir Pékin dans sa lutte contre la corruption. La Chine a décidé de lutter contre les pots-de-vins, en particulier dans l'industrie pharmaceutique, ce qui affecte les ventes d'un certain nombre de laboratoires.

La Chine est devenue un marché indispensable pour les entreprises du secteur de la santé dans la mesure où ses dépenses dans ce secteur tripleraient pratiquement à 1.000 milliards de dollars d'ici 2020 contre 357 milliards en 2011, selon le consultant McKinsey.

"Je pense que la démarche du gouvernement chinois en vue de réduire la corruption doit recevoir notre soutien à tous. En tant qu'entreprises, nous coopérons absolument et résolument avec les organismes chargés des investigations", a assuré Chris Viehbacher.

En Chine, c'est le britannique GlaxoSmithKline qui est le plus touché.

Au point que, selon des experts, ses ventes vont fortement ralentir, voire même décliner, au troisième trimestre, après une croissance de 14% au trimestre précédent.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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