Sanofi accélère la recherche d'opportunités de M&A

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UN NOUVEAU DIRECTEUR DES FUSIONS ET ACQUISITIONS CHEZ SANOFI
UN NOUVEAU DIRECTEUR DES FUSIONS ET ACQUISITIONS CHEZ SANOFI

par Ben Hirschler

DAVOS, Suisse (Reuters) - Sanofi est en train d'accélérer la recherche d'opportunités de croissance externe pour se développer dans des domaines stratégiques comme l'oncologie, l'immunologie ou la sclérose en plaques, et a recruté un nouveau directeur des fusions-acquisitions, a déclaré son directeur général, Olivier Brandicourt.

"Nous sommes très actifs en matière d'évaluation et de recherche d'opportunités", a-t-il dit à Reuters en marge du Forum économique mondial de Davos.

"Nous venons de recruter un nouveau directeur des M&A, Alban de la Sablière, un ancien banquier de Morgan Stanley qui nous a rejoint cette semaine", a-t-il ajouté, confirmant des informations qui avaient circulé récemment.

Le numéro un français de la pharmacie cherche actuellement à compenser la baisse des ventes de son médicament phare, le Lantus, qui, conjuguée à l'augmentation des dépenses de recherche et développement, devrait empêcher toute progression significative de ses profits en 2016 et 2017.

Il a par ailleurs annoncé le 15 décembre un accord de plus de 20 milliards d'euros pour échanger ses activités de santé animale contre celles du groupe allemand Boehringer Ingelheim dans la santé grand public, l'une des priorités de Brandicourt.

Une opportunité d'échange similaire est possible dans les médicaments génériques en Europe, un autre domaine dans lequel le groupe envisage d'éventuelles cessions, mais cela ne serait pas aussi facile, a dit le directeur général.

LA BAISSE DE VALORISATION DES BIOTECHS, UNE OPPORTUNITÉ

En attendant, Olivier Brandicourt souhaite renforcer la présence de Sanofi dans des domaines comme l'oncologie, l'immunologie et la sclérose en plaques, a-t-il expliqué.

"C'est le segment sur lequel nous pourrions utiliser les M&A à un niveau comparable à celui de Genzyme", a-t-il précisé en référence au rachat du groupe américain pour 20 milliards de dollars en 2011.

Le secteur de la pharmacie a connu une multiplication des opérations de fusions-acquisitions ces deux dernières années, de grands laboratoires cherchant à se recentrer sur un petit nombre d'activités stratégiques, ce qui peut passer par le rachat de jeunes sociétés de biotechnologies.

Mais les valorisations de ces "biotechs" ont chuté ces derniers mois en raison des inquiétudes sur de possibles pressions sur les prix aux Etats-Unis. Pour Olivier Brandicourt, cette correction boursière pourrait jouer en faveur des acquéreurs.

"La vraie question, c'est la vitesse à laquelle la réalité des nouveaux niveaux de valorisation sera acceptée par les conseils d'administration et les PDG. Mais je crois qu'avec le temps, il devrait y avoir des opportunités", a-t-il déclaré.

"Nous avons un bilan assez solide, donc le recours à l'endettement devrait nous aider. Ce serait différent si nous devions recourir aux fonds propres."

Sanofi recherche des cibles potentielles partout dans le monde, a-t-il précisé.

"Idéalement, nous voulons quelque chose qui ramène déjà du chiffre d'affaires, une opération qui soit créatrice de valeur et avec un pipeline qui correspond à notre plan stratégique. Mais je ne suis pas sûr que ce profil idéal existe, donc nous allons devoir naviguer entre les différents arguments pour et contre", a-t-il dit.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny)

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