Sanofi a bien résisté en 2011 mais 2012 s'annonce plus rude

le
0
LE 4E TRIMESTRE DE SANOFI SOUTENU PAR L?INTÉGRATION DE GENZYME
LE 4E TRIMESTRE DE SANOFI SOUTENU PAR L?INTÉGRATION DE GENZYME

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Sanofi a annoncé mercredi des résultats en croissance au quatrième trimestre 2011, aidé par la consolidation de Genzyme, les réductions de coûts et les pays émergents mais 2012 s'annonce plus difficile avec la perte des brevets de plusieurs de ses grands médicaments, dont son anticoagulant Plavix.

Le groupe a ainsi confirmé qu'il s'attendait en 2012 à une baisse de son bénéfice par action de 12% à 15% à taux de change constant, un objectif cependant en ligne avec son plan de moyen terme. Comme prévu, la perte des brevets du Plavix et de l'Avapro aux Etats-Unis devrait réduire le résultat net des activités d'environ 1,4 milliard d'euros cette année.

Pour autant, Sanofi se montre plutôt confiant pour la période qui succédera aux dernières expirations de ses brevets, fort des transformations engagées depuis trois ans par son directeur général Chris Viehbacher.

Celui-ci, lors d'une conférence de presse, a souligné qu'après avoir été confronté à une "falaise des brevets" plus élevée que les autres groupes pharmaceutiques en 2011 et 2012, Sanofi sera en 2013 le moins exposé de tous de ce point de vue.

Dans le même temps, a-t-il poursuivi, Sanofi sera plus fort que ses concurrents dans les pays émergents, où la croissance du secteur est appelée à se développer sensiblement.

En 2012, Sanofi aura achevé "le chapitre des blockbusters et il ouvrira alors celui d'une croissance durable de ses plates-formes de croissance. (...) L'avenir de Sanofi est l'un des meilleurs de l'industrie pharmaceutique", a dit Chris Viehbacher.

La Bourse n'a pas pris en compte ce discours optimiste, ne retenant que la prévision de baisse du BPA 2012. A 12h50, le titre Sanofi perdait 1,61% à 55,62 euros, ce qui en faisait la deuxième plus forte baisse du CAC 40 (+0,48%), indice au sein duquel il s'était hissé à la deuxième place du podium en 2011.

INTÉRÊT POUR DES ACQUISITIONS MALGRÉ LA DETTE

"Si cette publication ne revêt pas de surprise particulière, les perspectives très prudentes devraient conduire le consensus à s'ajuster légèrement en baisse", a commenté CM-CIC Securities, dans une note.

"Avec la perte de Plavix, l'année 2012 sera l'année la plus difficile pour Sanofi. Nous sommes confiants sur le développement du groupe à moyen terme mais n'identifions pas de catalyseurs importants sur le court terme."

La justice américaine a confirmé mardi l'autorisation de mise sur le marché d'une version générique de l'anticoagulant Lovenox, déboutant le laboratoire français qui accusait le régulateur américain (FDA) de n'avoir pas suivi les procédures en vigueur.

Alors que Sanofi achève l'exercice 2011 sur un endettement de 10,8 milliards, Chris Viehbacher a répété qu'il est toujours intéressé par des acquisitions.

"Le sujet est de trouver de belles cibles et non celui de trouver des financements", a-t-il déclaré.

Concernant Genzyme, consolidé depuis le 1er avril 2011, Sanofi a annoncé que l'amélioration de la production était "bien amorcée" après l'approbation par les autorités sanitaires américaines et européennes du nouveau site situé à Framingham, dans le Massachusetts.

Le groupe a précisé que sa filiale américaine, rachetée au printemps 2011 pour plus de 20 milliards de dollars, espérait toujours une amélioration de ses livraisons de Cerezyme (maladie de Gaucher) à compter de ce mois-ci et, au niveau mondial, un retour total à la normale de la production de Fabrazyme (maladie de Fabry) à partir du deuxième trimestre.

Le Fabrazyme et le Cerezyme généraient plus de 1,7 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2008, avant que leurs ventes ne s'effondrent de 29% en 2009 et d'encore 25% l'année suivante après une défaillance industrielle.

Les ventes de Sanofi ont crû de 8,8% (+9,2% à changes constants) au quatrième trimestre, à 8.508 millions d'euros (consensus de 8.535,6 millions), le résultat opérationnel de 11,3% à 2.828 millions (consensus 2.931,5 millions) et le bénéfice net de 13% à 2.077 millions (consensus 2.071,7 millions) soit 1,56 euro par action (1,55 euro).

Au titre de l'exercice 2011, Sanofi propose de verser un dividende de 2,65 euros par action, contre 2,50 euros en 2010.

Le groupe qui a procédé l'an dernier à plus d'un milliard d'euros de rachats d'actions, n'envisage pour 2012 qu'un programme "opportuniste" d'acquisition de ses propres titres.

"Les résultats et les prévisions de Sanofi sont en ligne avec les attentes. Cela veut dire que le groupe tient bien sa feuille de route et c'est de bon augure pour la suite", a estimé l'analyste Jean-Jacques Le Fur, chez Oddo Securities.

Edité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant