Sandrine Gruda veut faire partager son expérience de championne olympique

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Sandrine Gruda veut faire partager son expérience de championne olympique
Sandrine Gruda veut faire partager son expérience de championne olympique

Sandrine Gruda, comment vous sentez-vous quelques jours après avoir remporté la médaille d?argent des Jeux Olympiques ?
Je suis sur un petit nuage, ce n?est que du bonheur. J?ai un sentiment de légèreté, de joie qui prédomine. Je suis très ambitieuse, donc je rêvais grand pour ces Jeux Olympiques de Londres. Avant de commencer les stages, j?avais dit : on va faire une médaille. On était prête à faire quelque chose. Au total, on gagne trois médailles en quatre ans (ndlr : deux à l?Euro, une aux JO). En tant que compétitrice, on veut les collectionner. Le coach Pierre Vincent a été un grand moteur. On a exécuté ses consignes et ses règles, et on a obtenu des résultats.

Comment s?est passé le retour à Paris, avec le défilé sur les Champs-élysées ?
C?est l?accueil le plus chaleureux que je n?ai jamais connu. Franchement, avec ce retour à la Gare du Nord et sur les Champs-Élysées, on est contente parce que les gens ont répondu présent. Nous n?avons pas l?habitude d?être médiatisées. Grâce aux JO, on a pu bénéficier de cela. J?ai réalisé ça pendant le défilé. J?ai reçu beaucoup de messages à Londres, beaucoup de soutien, cela m?a fait chaud au c?ur. Et en rentrant, j?ai pu mettre un visage sur des noms ou des pseudos. C?est là où j?ai véritablement pris la mesure de notre exploit. Les gens se sont déplacés et on n?a pas été au contact suffisamment longtemps pour leur dire merci, c?est un regret. Moi j?aimerais signer des autographes à tous les supporters, un par un ! J?aimerais bien aussi que la Fédération organise des visites dans des clubs, j?aimerais aller au contact des gens pour répondre à leurs questions, raconter mon parcours. C?est moi au naturel. Je veux partager mon expérience.

« Passer le flambeau aux jeunes générations »

Comment s?est déroulée votre première campagne olympique au c?ur de la délégation française ?
Il y avait beaucoup de solidarité entre les Bleus. On était solidaire, poli entre nous. J?ai adoré voir les handballeurs ou Tony Estanguet nous encourager dans les gradins. C?était vraiment appréciable. Avant de partir pour Londres, on nous a donné un book, qui classait tous les athlètes par discipline. J?ai récolté le maximum d?autographes de ces athlètes. Je n?ai pas pu le finir, mais je ne le perdrai jamais !

Sur un plan personnel, quel regard portez-vous sur votre performance lors de ce tournoi ?
Je n?ai pas l?impression d?avoir fait un grand tournoi, je ne me suis pas vraiment exprimée comme je le voulais, mais pour moi, honnêtement, c?est l?équipe qui compte. Je ne suis pas forcément satisfaite de moi, mais je suis très contente de l?équipe, c?est le principal. En ce qui me concerne, je veux repousser mes limites, et améliorer les petits détails. Le basket féminin réalise des merveilles actuellement, donc il faut continuer à travailler pour ensuite passer le flambeau aux jeunes générations.

Que manquait-il à l?équipe de France pour franchir le dernier obstacle, les Etats-Unis ?
Il nous manquait deux choses : le physique et le mental. C?est ce qui a fait la différence. Physiquement elles sont plus prêtes : elles courent plus vite, elles sautent plus haut? Mentalement, ce sont des combattantes, des guerrières. Je me rappelle que Diana Taurasi (arrière des Etats-Unis) avait dit à l?issue de leur préparation qu?elles étaient comme des lionnes. C?est cette image de tueuses, de tigresses qui est impressionnante. Elles ont envie d?exterminer leur adversaire. C?est ce qui nous manque. On n?a pas joué la finale, on était spectatrice. J?ai l?impression que lorsqu?on se qualifie pour la finale, on s?est dit qu?on avait fait le travail. C?est dommage, on aurait pu défier ces Américaines. Nous étions tellement contentes des demies, qu?on a oublié qu?on avait les moyens d?avoir l?or.

« Je visais l?or ! »

Vous sembliez personnellement vraiment croire à une victoire en finale. Comment avez-vous encaissé cette défaite ?
J?étais très déçue, parce que je visais l?or ! En tant qu?athlète on rêve d?aller aux JO et d?avoir la médaille du plus beau métal. Pierre Vincent m?avait rappelé qu?à 17 ans, quand j?avais visité les installations de Bourges, je lui avais dit que je voulais décrocher l?or aux JO. Donc cette envie était en moi depuis longtemps. J?étais vraiment déterminée pour ce match. Mais il fallait le gagner ! Nicolas Batum m?avait prévenu après la Russie. Quand les garçons ont gagné la demi-finale de l?Euro 2011, ils étaient tellement heureux et soulagés d?être sur le podium qu?ils ont fêté ça sans appliquer leur routine habituelle. Pour lui, ils auraient pu gagner la finale (ndlr : contre l?Espagne) en restant concentrés, et finalement ils ont perdu. Il ne voulait pas qu?on fasse la même erreur. Ça m?a donné envie de rester concentrée.

Vous allez maintenant retourner dans votre club russe d?Ekaterinbourg. Cela vous a-t-il aidé, pendant le tournoi, de jouer à l?étranger ?
Oui, ça a même aidé toute l?équipe, lors de notre double opposition contre la Russie par exemple. Parce que je joue avec ou contre certaines d?entre elles tous les week-ends, je connais leurs forces et leurs faiblesses. Je peux apporter des éléments supplémentaires pour aider l?équipe à mieux les affronter. D?ailleurs ça va chambrer quand je vais retourner en club, je suis contente que ce soit dans ce sens-là. J?ai vécu l?inverse en 2007, et ce n?était pas comique? Là je suis satisfaite, je suis dans la bonne position !

Propos recueillis par Florian PHILIPPE

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