Sanctions de l'UE contre la Syrie et appel de l'Onu

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par Douglas Hamilton

BEYROUTH (Reuters) - L'Union européenne a imposé vendredi des sanctions à l'encontre de trois compagnies pétrolières syriennes, afin accroître la pression financière sur le régime du président Bachar al Assad.

La décision vise la société nationale, la Syria Trading Oil (Sytrol), la General Petroleum Cororation et Al Furat Petroleum Company. Parmi les firmes sanctionnées figurent aussi des sociétés accusées par l'UE de fournir des données à un centre de recherche qui soutient la répression des dissidents syriens.

Dans la foulée de cette annonce, le géant pétrolier néerlandais Royal Dutch Shell a fait savoir qu'il allait interrompre ses opérations en Syrie.

Dernier en date d'événements qui laissent penser que les déserteurs retournent de plus en plus fréquemment leurs armes contre la troupe afin de protéger des civils, huit agents des services de renseignement de l'armée de l'air ont été tués lors de l'attaque de leur base, rapporte un groupe d'opposants. L'attaque, menée par des déserteurs, a eu lieu dans la province d'Idlib, entre les villes de Lattaquié et de Djisr al Choughour.

Navi Pillay, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme, vendredi. Lors d'une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l'homme de l'Onu, à Genève, elle a exhorté la communauté internationale à prendre d'urgence des mesures pour protéger les populations civiles de Syrie, confrontée à une sanglante répression depuis le mois de mars.

Jeudi, elle avait estimé que la situation en Syrie était assimilable désormais à une guerre civile, et elle avait fait état d'au moins 4.000 tués dans les violences politiques depuis le commencement du mouvement de contestation.

Vendredi, elle a précisé que 307 enfants figuraient au nombre des tués, et qu'en outre, le nombre d'arrestations dans le cadre de la répression dépassait les 14.000.

"Si la répression sans merci qu'exercent sans relâche les autorités syriennes ne s'arrête pas tout de suite, le pays risque de basculer dans une guerre civile totale", a-t-elle dit. "Etant donné que les autorités syriennes ne protègent pas leurs citoyens, la communauté internationale doit prendre d'urgence des mesures efficaces pour protéger la population syrienne".

LE CNS SE DÉMARQUE DE L'ASL

Il est d'autre part urgent que les personnes soupçonnées de crimes contre l'humanité, au sein des forces syriennes, rendent des comptes devant la communauté internationale, a-t-elle dit.

"Tous les meurtres, les actes de torture et autres formes de violence doivent cesser immédiatement", a continué Navi Pillay, qui n'a pas non plus caché son inquiétude face à l'augmentation du nombre d'attaques lancées par l'Armée syrienne libre (ASL) contre l'armée syrienne et l'appareil de sécurité.

L'ambassadeur de Syrie auprès des Nations unies à Genève, Faysal Khabbaz Hamoui, a exprimé son mécontentement après le discours de Navi Pillai. "Le problème syrien ne peut être résolu que par les Syriens. Seule une solution nationale est possible", a-t-il dit, faisant référence aux promesses de réformes démocratiques faites par le gouvernement de Bachar al Assad.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme et d'autres opposants ont déclaré qu'au moins 20 civils avaient été tués par les forces de sécurité jeudi à travers la Syrie, surtout dans les provinces de Hama et de Homs, à l'épicentre de la révolte contre le régime de Bachar al Assad.

L'agence de presse officielle syrienne Sana écrit pour sa part que les forces de sécurité "ont tué jeudi cinq individus armés et en ont arrêté 35 autres au cours d'affrontements avec des terroristes armés dans la région de Hama".

Des dizaines de kalachnikov, mais aussi d'autres armes à feu et des grenades et des explosifs ont été saisis au cours de l'opération, ajoute Sana.

L'Armée syrienne libre (ASL) a mis sur pied un conseil militaire composé de neuf officiers ayant fait défection. Ils ont rendu publique une déclaration par laquelle ils s'engagent à "faire tomber le régime et à protéger la population de la répression(...) et à empêcher que le chaos ne s'installe lorsque le régime tombera".

La principale organisation civile d'opposition, le Conseil national syrien (CNS) a tenu sa première réunion avec des chefs de l'Armée syrienne libre cette semaine à Istanbul. Le CNS a tenu à souligner qu'il ne soutenait qu'un soulèvement pacifique et que l'ASL n'était en rien sa branche armée.

Avec Stéphanie Nebehay à Genève, Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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