
À San Bernardino, ville californienne en faillite:
L'agonie de San Bernardino est visible dès la sortie de l'autoroute. Les mauvaises herbes ont été autorisées à percer le bitume sur les bas-côtés ; les branches roussies des palmiers pendent lamentablement faute d'être régulièrement taillées ; une moitié du centre commercial Inland Center est fermée, cernée par un parc de stationnement en route pour une lente décrépitude ; les pancartes Available («disponible») et For Lease («à louer») se succèdent devant des espaces désertés. Le centre-ville est pour ainsi dire mort, avec des rues entières bordées de magasins, boutiques, restaurants et cafés abandonnés, leurs vitrines encrassées recouvertes de papier ou de contre-plaqué.
«N'ayez pas peur, je ne compte pas vous agresser», assure un latino tatoué qui vient de s'engager dans une allée jadis commerçante, aujourd'hui déserte, pour changer de chemise. «Pourquoi? Il faut avoir peur? Nous sommes pourtant à deux pas de l'hôtel de ville.» ¼/p>...
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