SALON-Farnborough-Interrogations sur la production de gros porteurs

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    * Délais d'attente de 5 à 7 ans pour les livraisons d'avions 
    * Plus de 5.000 avions à remplacer dans les années à venir 
    * Airbus et Boeing face à des choix sur les gros porteurs 
 
    par Cyril Altmeyer 
    PARIS, 8 juillet (Reuters) - Les incertitudes sur la 
croissance économique mondiale et la faiblesse de la demande en 
très gros porteurs jettent une ombre sur les perspectives de 
l'aéronautique, pour l'instant protégée par les délais d'attente 
de cinq à sept ans pour les livraisons  et l'essor du trafic low 
cost en Chine, estiment des analystes. 
    Le salon de Farnborough, qui se tient tous les deux ans en 
alternance avec celui du Bourget, ouvrira ses portes lundi pour 
une semaine près de Londres, dans une atmosphère un peu 
particulière après la bombe à fragmentation du Brexit dont les 
effets sur le secteur restent encore à déterminer. 
    "En l'absence d'un ralentissement économique mondial, la 
croissance de la flotte et la forte demande de remplacement 
devraient largement permettre d'absorber la production d'Airbus 
et Boeing prévue jusqu'en 2020", estime Bernstein dans une note. 
    Plus de 5.000 avions pourraient être remplacés dans les cinq 
à sept ans à venir, les compagnies cherchant à acquérir les 
nouveaux avions arrivant sur le marché, moins chers à exploiter, 
comme les long-courriers 787 et 777X de Boeing  BA.N , l'Airbus 
A350  AIR.PA  et les versions remotorisées de monocouloirs, 
A320neo et Boeing 737 MAX, ajoute la banque.  
     
    CANNIBALISATION 
    Mais cet attrait pour de nouveaux avions plus performants 
risque d'entamer la demande pour les gros porteurs 
traditionnels, comme l'A330, l'A380 et les Boeing 777 et 747-8, 
estiment les analystes, expliquant ainsi les hésitations 
d'Airbus et Boeing à proposer des versions plus grandes de leur 
long-courriers. 
    "Le pari des gros porteurs se basait essentiellement sur la 
saturation des trafics dans les très gros aéroports", rappelle 
Alain Guillot, consultant au sein du cabinet AlixPartners. 
    "Mais avec le digital, on s'oriente vers une meilleure 
optimisation permettant d'ajouter des créneaux (de décollage), 
ce qui retarde un peu le besoin en gros porteurs", ajoute-t-il.  
    Les compagnies traditionnelles, focalisées sur 
l'amélioration de leurs bénéfices dans un contexte de 
concurrence exacerbée et de remontée des prix du pétrole, 
hésitent donc à franchir le pas pour l'instant. 
    Ce marché est particulièrement crucial pour les avionneurs : 
les gros porteurs représentent entre 50 et 55% de la valeur 
totale des livraisons, souligne Bernstein. 
    Pour les monocouloirs (70% des livraisons d'avion), la 
prudence des augmentations de production des avionneurs pour 
absorber des commandes massives leur donne une marge de sécurité 
face à d'éventuelles annulations de la part des compagnies 
aériennes. 
    "Elle est historique, cette montée en cadence, c'est comme 
la vague centenaire", souligne Pascal Pincemin, du cabinet 
Deloitte, notant que l'utilisation des technologies numériques 
sera cruciale pour accélérer et fiabiliser la production. 
    Du côté des débouchés, les avionneurs comptent en 
particulier sur la Chine où le trafic croît indépendamment du 
ralentissement économique du pays, l'essor des low cost 
accompagnant les solides taux de croissance d'Air China 
 601111.SS , China Eastern  600115.SS  et China Southern 
 600029.SS . 
    "Mais si tout à coup la Chine s'enrhume sérieusement (...), 
il y aura un ralentissement du trafic en Asie et on peut avoir 
un ralentissement des livraisons d'un certain nombre de 
compagnies asiatiques", souligne cependant Eric Bernardini, 
d'AlixPartners. 
    Au premier semestre, Boeing a devancé Airbus en termes de 
commandes avec 276 commandes nettes contre 183 pour l'européen. 
  
    Au dernier salon de Farnborough, en 2014, Airbus avait 
engrangé 358 commandes nettes contre 134 pour Boeing. Au Bourget 
l'an passé, c'est l'américain qui l'avait emporté avec 154 
commandes contre 124 pour l'européen. 
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

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