Salon ACTIONARIA : Investir pour après-demain

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En ces temps de marasme boursier, difficile de trouver des secteurs et des valeurs qui tirent leur épingle du jeu. C’est en revanche l’occasion de se projeter à plus long terme, de réfléchir aux besoins essentiels des populations et d’inventer la croissance de demain.

Opportunités à saisir. Contexte exceptionnel pour la onzième édition du salon Actionaria. Un CAC 40 sous les 3.000 points, une crise boursière et financière totalement inédite et un public nombreux venu notamment écouter trois spécialistes des marchés livrer leurs analyses en cette fin d’année chaotique et réfléchir aux investissements du futur. « Les marchés intègrent déjà beaucoup de mauvaises nouvelles. Aux cours actuels, ils anticipent une baisse d’environ 40% du profit des grandes capitalisations » estime ainsi Roland Lescure, directeur des gestions chez Groupama Asset Management. Si les marchés sont encore beaucoup trop volatils pour considérer que le moment est venu de se repositionner massivement à l’achat, il ne faut pas non plus broyer du noir. « Cette crise est une opportunité fantastique pour réfléchir et créer la croissance des prochaines décennies. Il faut inventer d’autres manières de croître et sortir des excès de la financiarisation » selon Roland Lescure. Réinventer la croissance et changer notre manière de consommer, de vivre, car nous n’avons plus le choix pour Jean-François Descaves, directeur de la gestion chez Financière de Champlain : « Les énergies renouvelables vont s’imposer dans l’avenir de toute façon car on ne peut plus dépendre uniquement que du pétrole. Une meilleure gestion des ressources est indispensable quand on sait par ailleurs que 80% des nappes phréatiques sont asséchées ». Une opinion nuancée par Roland Lescure qui rappelle que selon l’Agence internationale de l’énergie, on va continuer à trouver du pétrole mais il sera plus cher à extraire.

Anticiper sa retraite. Tous s’accordent en revanche pour considérer que le thème du vieillissement de la population est devenu incontournable en Bourse. « Je préfère investir dans une société comme Orpéa (leader français des établissements de prise en charge de la dépendance) plutôt que dans des laboratoires pharmaceutiques qui devront faire face à la concurrence des génériques et supporter des coûts de R&D très importants » assure Jean-François Descaves. Plus globalement, ce thème va continuer de s’imposer dans le débat public et c’est d’ailleurs l’intérêt bien compris des compagnies d’assurance. « Pour financer ce vieillissement de la population, il faut de toute façon repenser nos outils actuels. Sans remettre en cause le principe de la retraite par répartition, il est indispensable de réhabiliter l’épargne de long terme, la capitalisation » plaide Christian Rabeau, directeur de la gestion chez Axa IM.

Contre-exemple de l’Islande. Outre les thèmes liés au vieillissement de la population, investir pour demain passe inévitablement par les pays en développement qui portent la croissance mondiale d’autant plus que les pays développés doivent gérer la première grave crise économique de l’ère de la mondialisation. Bien que touchés eux aussi inévitablement, ces pays et notamment les fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ne doivent pas être écartés des thématiques d’investissement dans les portefeuilles. Malgré la remise en cause de la théorie un peu naïve du découplage, leurs marchés intérieurs vont continuer à se développer. « La Chine vient d’annoncer un plan de relance massif de ses infrastructures. Les autorités vont dépenser 16 points de PIB dans les deux prochaines années ! » prévient le directeur des gestions chez Groupama AM. Des dépenses spectaculaires mais à la portée de l’Empire du milieu au vu de ses excédents commerciaux. L’Islande en revanche fait figure de contre-exemple. Ce pays développé qui a fondé sa croissance sur l’essor incontrôlé de son système financier et un endettement abusif va redevenir un pays émergent malgré lui. « C’est l’une des leçons de la crise actuelle. Le système capitalisme ne sait pas s’auto-réguler, il faut le réinventer en profondeur » plaide le gérant de la Financière de Champlain. « Certes, ce système a du mal à anticiper les crises mais il garde une capacité certaine à réagir. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience mondiale. Mais il ne faut pas céder à la tentation du repli sur soi » tempère le directeur de gestion d’Axa IM. Quelques divergences de vues entre ces trois spécialistes mais aussi l’idée partagée que le système financier doit être absolument réformé pour encourager l’émergence d’une croissance durable.

Julien Gautier


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