SALON-A Detroit, l'automobile célèbre une révolution qui reste à faire

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    par David Shepardson et Paul Ingrassia 
    DETROIT, 11 janvier (Reuters) - Lorsque Barack Obama se 
rendra au salon automobile de Detroit le 20 janvier, un an jour 
pour jour avant la fin de sa présidence, il devrait se féliciter 
des changements qu'a connus le secteur aux Etats-Unis depuis son 
sauvetage financier par l'Etat fédéral en 2009. Pour autant, le 
marché est encore loin de l'essor des transports verts dont il 
rêvait à l'époque.  
    "Nous avons dit que le secteur automobile devrait vraiment 
changer, pas seulement prétendre qu'il l'a fait", a ainsi 
déclaré le président samedi dans son allocution radio-télé 
hebdomadaire, consacrée au salon de Detroit.  
    Les trois grands constructeurs américains sont certes en 
très bonne santé financière après une année 2015 marquée par des 
ventes et des profits records aux Etats-Unis, mais les véhicules 
électriques et hybrides n'y sont pour rien, le marché restant 
porté par les pick-up et les SUV ("sport utility vehicles") à la 
faveur de la chute des prix à la pompe.  
    Chez General Motors  GM.N , pick-up et SUV ont ainsi 
représenté quasiment 70% des ventes l'an dernier. Et parmi les 
modèles dévoilés ce lundi figurent les nouvelles versions du 
pick-up vedette de Nissan  7201.T , le Titan, et de celui de 
Honda  7267.T , le Ridgeline.  
    Fiat Chrysler Automobiles  FCHA.MI , lui, présentera à 
Detroit la nouvelle déclinaison du monospace Pacifica, vendu 
certes dans une version hybride mais dont la motorisation 
essence devrait représenter l'essentiel des ventes. Et plusieurs 
modèles haut de gamme, donc gourmands en carburant, sont 
attendus au salon, comme la nouvelle Lincoln Continental de Ford 
 F.N  ou la Hyundai  005380.KS  G90, la nouvelle grande berline 
du constructeur sud-coréen.  
    Plus largement, alors que Barack Obama a fait de la 
réduction de la consommation de carburants fossiles l'un des 
piliers de sa politique en matière d'énergie et d'environnement, 
les ventes de voitures peu ou pas émettrices de gaz à effet de 
serre demeurent très faibles. 
    Alors que le président visait en 2011 un million de 
véhicules électriques sur les routes américaines à l'horizon 
2015, il ne s'en est écoulé depuis que 490.000 environ, dont 
115.000 en 2015, un chiffre en baisse de 6% par rapport à 2014. 
Et les constructeurs ont été contraints de baisser les prix et 
les prévisions de ventes de ces modèles. 
     
    LA VOITURE AUTONOME, UN RÊVE ET UN RISQUE 
    Il reviendra au successeur d'Obama de décider du maintien ou 
non de l'objectif de réduction de la consommation moyenne 
d'essence à 54,5 miles par gallon (environ 4,3 litres aux 100 
km) à l'horizon 2025. Si elle a diminué ces toutes dernières 
années, la consommation moyenne des voitures neuves vendues sur 
le marché américain reste en hausse par rapport à son niveau 
d'octobre 2007, à 24,9 miles par gallon en décembre dernier 
selon l'institut de recherche sur les transports de l'université 
du Michigan. 
    Ford  F.N  présentera à Detroit la nouvelle version de son 
modèle de milieu de gamme Fusion, censé refléter les efforts du 
groupe en matière de respect tant des exigences réglementaires 
que des attentes du marché. La Fusion 2017 sera ainsi déclinée 
dans une motorisation hybride rechargeable aussi bien que dans 
une version Sport dotée d'un moteur bi-turbo de 325 chevaux.  
    L'autre grand sujet du salon sera naturellement la voiture 
connectée, qui a déjà accaparé une bonne part des conversations 
la semaine dernière au salon électronique CES à Las Vegas.  
    Symbole de cette évolution, vue comme un prélude à l'ère de 
la voiture autonome, la nouvelle Mercedes Classe E sera équipée 
de technologies d'assistance à la conduite si avancées qu'il ne 
suffira que de quelques mises à jour logicielles pour lui 
permettre de rouler sans que le conducteur ait à poser les mains 
sur le volant, assurent des dirigeants de la marque allemande.  
    Les spécialistes prédisent désormais l'essor de la voiture 
autonome d'ici cinq à 20 ans. Un décollage qui pourrait ouvrir 
une nouvelle période de crise pour les constructeurs 
traditionnels et leurs salariés, a estimé dimanche Brian 
Johnson, analyste spécialisé de Barclays.  
    Si les voitures autonomes et partagées deviennent la norme, 
a-t-il expliqué, cela pourrait se traduire à terme par une chute 
de 60% du nombre de véhicules sur les routes et par une 
diminution d'un tiers du nombre d'usines d'assemblage de 
voitures de tourisme d'ici 2025 ou 2030.  
 
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Le site officiel du salon de Detroit    http://naias.com/ 
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 (Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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