Saleh annonce son départ aux Etats-Unis, neuf morts à Sanaa

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par Mohammed Ghobari

SANAA (Reuters) - Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a annoncé samedi son départ prochain pour les Etats-Unis, sans préciser à quelle date, alors que des milliers de manifestants ont défilé à Sanaa pour réclamer sa comparution devant la justice.

Les forces gouvernementales sont intervenues en tirant à balles réelles pour disperser les protestataires rassemblés devant le palais présidentiel, faisant neuf morts et 90 blessés selon un médecin de l'hôpital qui traite depuis des mois les manifestants blessés dans la répression de la contestation anti-Saleh.

Ali Abdallah Saleh, qui a signé le mois dernier un accord de transfert de ses pouvoirs à son vice-président, Abd-Rabbu Mansour Hadi, jusqu'à une élection présidentielle anticipée fixée en février 2012, a expliqué vouloir permettre au gouvernement intérimaire de travailler dans la sérénité.

Il a été blessé début juin dans le bombardement de son palais, à Sanaa, et a dû être hospitalisé pendant plus de trois mois en Arabie saoudite.

"Je vais aller aux Etats-Unis", a déclaré Saleh à des journalistes. "Pas pour un traitement, parce que je vais bien, mais pour éviter l'attention, les caméras, et permettre au gouvernement d'union de préparer correctement les élections."

"J'y resterai pendant plusieurs jours puis je reviendrai car je ne laisserai pas mon peuple et mes camarades qui me sont dévoués depuis onze mois, a-t-il ajouté. Je me retirerai des activités politiques et je descendrai dans la rue en tant que membre de l'opposition."

"NON À L'IMMUNITÉ"

Des dizaines de milliers de manifestants ont exigé samedi un procès du chef de l'Etat, alors que Saleh bénéficie d'une immunité en vertu de l'accord de transition négocié par le Conseil de coopération du Golfe.

Des coups de feu ont retenti alors qu'un défilé de protestation lancé il y a plusieurs jours dans la ville méridionale de Taëz atteignait la capitale, ont déclaré des habitants.

Des participants sont entrés dans la ville en scandant "Non à l'immunité", allusion à l'accord conclu par le Yémen avec ses voisins du Golfe.

Les adversaires de Saleh, qui a exercé le pouvoir durant 33 ans, veulent qu'il soit jugé pour son rôle dans la violente répression des manifestations qui ont débuté en janvier.

Des soldats loyalistes se sont postés samedi aux entrées des rues donnant accès au complexe de Saleh afin d'empêcher toute tentative des manifestants pour s'en approcher, indiquent des témoins en ajoutant que les militaires ont aussi fait usage de gaz lacrymogènes.

Des protestataires se sont ensuite repliés en direction de la place du Changement, point de ralliement des groupes contestataires depuis janvier, ont ajouté des habitants. Chars, soldats et blindés se sont déployés autour du complexe présidentiel.

Philippe Bas-Rabérin et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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