Saisie record d'argent liquide dans une cité de Marseille

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PLUS DE 1,3 MILLION D'EUROS EN LIQUIDE SAISI À MARSEILLE
PLUS DE 1,3 MILLION D'EUROS EN LIQUIDE SAISI À MARSEILLE

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Plus de 1,3 million d'euros en liquide, fruit direct du trafic de drogue, a été saisi par la police dans la plus emblématique et la plus peuplée des cités sensibles de Marseille, a annoncé jeudi le procureur de la République Jacques Dallest.

Cette saisie réalisée le 17 juin à La Castellane, dans le nord de Marseille, est qualifiée d'exorbitante par les enquêteurs qui estiment à environ 40.000 euros les bénéfices journaliers du trafic de stupéfiants dans cette cité sensible.

"C'est une somme jamais atteinte à Marseille et sans doute en France en volume de saisie d'argent liquide. Les coupures de 20 et 50 euros laissent à penser qu'il s'agit de l'argent des acheteurs", a précisé le magistrat.

Les sommes saisies l'ont été en trois points d'une tour, chez trois "nourrices" qui stockent habituellement les produits et l'argent récolté pour quelques centaines d'euros par mois.

Au total, 23 personnes ont été interpellées et 11 d'entre elles devaient être déférées jeudi devant un juge pour une probable mise en examen pour des faits d'infraction à la législation sur les stupéfiants et sur les armes, de blanchiment et de non justification de ressources.

Bien connu des services de police, le chef présumé du réseau a été interpellé au domicile de sa mère où il vivait.

Selon Jacques Dallest, c'est le haut de la pyramide du trafic qui a été frappé. "On n'est pas sur les revendeurs de base, les "charbonniers", pas davantage sur les guetteurs."

UNE "ENTREPRISE MOYENNE"

Au terme d'une enquête de plus de six mois, plus de 200 policiers épaulés par les hommes d'élite du Raid et du GIPN ont investi lundi La Castellane réputée pour être la plus prolifique de la ville dans le domaine du trafic de stupéfiants.

"C'est une citadelle où beaucoup d'argent circule. Il y a beaucoup de guetteurs, c'est un endroit difficile à pénétrer", a précisé Christian Sainte, le chef de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Marseille.

Le policier a comparé la structure du réseau à une PME qui faisait vivre une cinquantaine de personnes avec son million d'euros mensuel de chiffre d'affaires.

"Une entreprise qui fonctionne sept jours sur sept, du matin à la nuit, pour alimenter des centaines de consommateurs", a précisé Jacques Dallest.

Comme cela a déjà été fait dans d'autres cités de la ville, un dispositif de surveillance accrue a été mis en place après l'intervention des policiers.

"La méthode est de tenir la cité pendant un mois", a expliqué le préfet de police Jean-Paul Bonnetain. "L'objectif est de perturber le trafic et de dissuader les acheteurs."

RÈGLEMENTS DE COMPTE EN BAISSE

Les autorités policières ne veulent toutefois pas "aller trop vite en besogne" en considérant que le trafic de drogue a été durablement frappé.

"Personne ne peut avoir la prétention d'éradiquer le phénomène. Mais des coups importants ont été portés", a dit Jacques Dallest, qui constate aussi un accroissement du nombre d'armes saisies par la police.

"On saisit des armes à feu chez les trafiquants qui s'en servent davantage pour se protéger des clans adverses que de la police. Les règlements de comptes sont un mode opératoire dans les quartiers nord de la ville qui est souvent lié au trafic de drogue", rappelle le magistrat.

Depuis le début de l'année, neuf personnes sont mortes dans des règlements de compte dans la cité phocéenne. Dernier en date, un homme de 24 ans qui a reçu une demi-douzaines de balles de gros calibre dans la nuit de mercredi à jeudi.

"L'an dernier à la même époque, on en était à 12 morts dans des règlements de comptes", précise Jacques Dallest, qui refuse toutefois de crier prématurément victoire.

Le mode opératoire de ces règlements de comptes tend aussi à changer avec des victimes qui sont abattues hors des cités et qui ne sont plus forcément répertoriées dans la banditisme.

L'utilisation des armes par les tueurs change également avec un retour aux armes de poing et un abandon relatif de l'usage des armes de guerre type Kalachnikov, qui sont actuellement moins souvent saisies par les policiers à Marseille.

Edité par Yves Clarisse

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  • mjjmimi le mercredi 3 juil 2013 à 07:29

    ici tout le monde parle des dealers et personne des autres "pauvres" : les consommateurs. Ce sont les consommateurs qui dépensent ces millions d'€ et créent le problème. Que risquent-ils ? RIEN.

  • indyta le mardi 2 juil 2013 à 09:06

    sinon, cela est connu depuis belle lurette,puisque il y a quelques annees,10 ans?,deja un article dans la presse montrait du doigt le gouvernement qui laissait faire par souci de paix sociale!il faisait remarquer le transit de 250 K sur livret A pour des familles >pauvres!!!

  • indyta le mardi 2 juil 2013 à 09:03

    bah oui..regardez dans les cites le nombre de berlines allemandes flambant neuves a 100 K eur!Porche,BMW,Mercedez,Audi..la Croisette fait figure de clodo...

  • gstorti le vendredi 28 juin 2013 à 10:31

    "Et à combien s'élève la partie saisie, non déclaré, et distribue, volontairement ou non, au fonctionnaires, le double?"

  • knbskin le jeudi 20 juin 2013 à 20:41

    Si on n'a plus de prisons en France, on peut prévoir des cages non chauffées aux Kerguelen : il y a de la place, et les risques d'évasion sont nuls.

  • knbskin le jeudi 20 juin 2013 à 20:39

    Non, leveau12 ... Il faut surtout les rendre employables (c'est de la formation, pas du "développement personnel") et casser le modèle "dealer = héros". Et pour ça, une seule solution, le gnouf "dur" ... et sans remises de peine. Ensuite, tolérance zéro dans les cités, quitte à y instaures la loi martiale, le temps nécessaire. Et les jeunes à l'école pour bosser à coups de pieds aux fesses, y compris celles des parents quand nécessaire !

  • gouraudp le jeudi 20 juin 2013 à 20:07

    Et on appeles cela des cités pauvres...

  • luke4 le jeudi 20 juin 2013 à 19:54

    saisie record, on sait pas avant ça allait dans les poches de la BAC lol

  • ostrevan le jeudi 20 juin 2013 à 19:38

    il faut vendre la drogue dans les débits de tabac, à quelques centimes le kilo !les paysans qui la cultive reviendront d'eux même à la culture des carottes et des laitues plus rentables.

  • Sonofa le jeudi 20 juin 2013 à 19:17

    La crise? Pas pour tout le monde...