Saint-Étienne-du-Rouvray : "Si on avait cru un jour qu'on risquerait notre vie pour aller à l'église"

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Hommage spontané sur le parvis de la mairie de Saint-Étienne-de-Rouvray après l'assassinat du père Jacques Hamel dans son église.
Hommage spontané sur le parvis de la mairie de Saint-Étienne-de-Rouvray après l'assassinat du père Jacques Hamel dans son église.

Sur la place de la mairie, Suzanne* retient quelques larmes. Elle connaissait bien le père Jacques Hamel. La sexagénaire fait partie du petit noyau d'irréductibles abonnés aux messes quotidiennes. Seulement, ce matin, Suzanne était distraite. Elle s'est rendue au cimetière, comme tous les jours, pour se recueillir sur la tombe de son mari. Puis elle s'est hâtée de rejoindre l'église pour assister à la messe. Est-elle restée devant la tombe plus longtemps que d'habitude ? A-t-elle traîné en chemin ? Toujours est-il qu'arrivée devant la porte de l'église, elle a fait demi-tour : « La messe venait de commencer, je n'ai pas osé entrer. Lorsque vous n'avez que huit ou dix personnes dans une église, ça se voit quand vous arrivez en retard », raconte-t-elle en étouffant un sanglot. Son retard, pense-t-elle, lui aura sauvé la vie. Un signe venu du ciel, dans cet océan de malédiction qui s'abat sur la petite communauté de croyants de la paroisse. Suzanne pleure sur le parvis de la mairie, cherchant réconfort auprès de son fils, inquiet : « Si on avait cru un jour qu'on risquerait notre vie pour aller à l'église? »  soupire le gaillard désemparé. À Saint-Étienne-du-Rouvray, tout le monde ou presque connaissait le père Hamel. Dans les maisons de briques aux façades alignées, on conserve précieusement les albums photo de mariage où l'on peut apercevoir l'homme d'Église, flottant dans son aube.

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