Saint-André : " Trois mois pour changer l'histoire d'un groupe "

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Saint-André : " Trois mois pour changer l'histoire d'un groupe "
Saint-André : " Trois mois pour changer l'histoire d'un groupe "

A deux jours du grand départ pour l'Angleterre, Philippe Saint-André tire le bilan d'une préparation pleinement réussie à ses yeux, tant sur le plan physique que dans la consolidation d'un esprit d'équipe. Le sélectionneur ne boude pas son plaisir à quelques semaines de la fin de son mandat.

Philippe Saint-André, le 19 mai lorsque vous annonciez votre groupe des 36, vous disiez que vous ne saviez pas si vous alliez être champions du monde, mais que vous vous prépareriez pour l’être. Est-ce le cas ?
On s’est bien préparé. Ça fait trois ans et demi qu’on travaille sur cette préparation. Ce qui est important déjà, c’est l’investissement que les joueurs ont mis, et pas seulement les 31 mais les 36. Là-dessus, il y a eu une adhésion totale, un investissement fantastique. Sur les retours qu’on a, les joueurs sont bien physiquement, psychologiquement, on est dans les résultats attendus par rapport à cette préparation. Maintenant on est vraiment sur de la récupération, que les joueurs fassent énormément de jus, et qu’ils récupèrent bien pour être prêts le 19 septembre à Twickenham.

Des joueurs vous ont-ils surpris pendant la préparation ?
Je crois qu’ils m’ont tous étonné dans leur capacité à se sublimer, dans leur capacité à s’encourager sur certaines séances où ils ne pouvaient plus marcher. On a des compétiteurs, des joueurs avec un état d’esprit exceptionnel. Après, il faut leur donner les moyens de se préparer. Ils ont la chance tous les quatre ans de bien pouvoir se préparer.

« Ne pas se mettre de pression négative sur le premier match »

Avec le recul, ce match contre l’Ecosse vous a-t-il déçu pour un dernier match de préparation ?
Non il ne m’a pas déçu du tout. On est au-dessus de 40 minutes de temps de jeu effectif, en plus on a fait des choses. On a sûrement voulu attaquer de très loin parce qu’on avait l’impression qu’on avait des solutions. Après, c’est vrai qu’en première mi-temps on n’a pas mis l’intensité qu’on avait mis auparavant contre l’Angleterre. Moi j’ai la chance d’avoir fait deux Coupe du monde de rugby, quand tu sais que tu es dans la liste, tu n’as pas envie de louper l’avion pour l’Angleterre. Donc automatiquement, on a su gagner ce match, on a su faire de belles choses, tout en sachant qu’on n’a pas mis 120% d’intensité ; mais ça c’est plus qu’humain.

Vous mettiez l’accent sur la nécessité de créer un esprit club pendant ces deux mois de préparation, êtes-vous satisfait ?
Oui. Quand tu vois les mecs avec la banane le matin, quand les tables ne sont jamais les mêmes, tu sens que le groupe vit bien. Maintenant on va rentrer dans la compétition, mais je crois que depuis le début il y a un état d’esprit et une vie de groupe positive. Après il ne faut pas uniquement bien vivre, il faut surtout avoir 31 compétiteurs ; et dans une compétition comme ça il va falloir être affamé.

Avez-vous l’impression que des leaders se sont affirmés pendant la préparation ?
Des leaders, on en a déjà de toute façon. On a des mecs expérimentés : Szarzewski, Mas, Dusautoir, Papé, Parra, Michalak. Ce sont les garants de l’état d’esprit, ils ont connu la Coupe du monde. C‘est important qu’à l’intérieur du groupe, ce soit les messagers. Après on a un groupe qui travaille, qui trouve des solutions, qui est bien connecté en dehors du terrain, et qui commence à l’être sur le terrain. Il y a beaucoup d’impatience, il ne va pas falloir se mettre de pression négative avant ce premier match.

« On se prépare à être champions du monde »

Ces deux mois de préparation, était-ce votre meilleure période à la tête du XV de France ? Etait-ce pour ce genre de moments que vous aviez voulu être sélectionneur ?
Les meilleurs moments arrivent maintenant (rires) ! Sincèrement depuis le 5 juillet je prends énormément de plaisir. C’est mon job. J’ai vécu pendant 13-14 ans en club, et de toute façon tu sais qu’en étant sélectionneur tu as trois ans et demi pour passer entre les gouttes, et puis trois mois pour changer l’histoire d’un groupe...

Cette Coupe du monde c’est la dernière étape de votre mandat. Comment aborde-t-on cette dernière ligne droite ?
Avec du plaisir. On est des énormes privilégiés. On représente le rugby français, l’histoire de notre sport, une identité, même la transmission d’un maillot. On va aller dans une compétition planétaire qui sera plus médiatisée que jamais, dans le pays qui a inventé notre sport, donc sincèrement, on ne peut qu’y aller avec de l’envie, une férocité énorme, et une envie surtout : rentrer en France en novembre.

Comment imaginez-vous votre après-XV de France ?
Je n’ai rien anticipé parce que je veux la vivre pleinement. C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses (sic) donc je rentre dans cette compétition avec énormément de plaisir, beaucoup d’attentes, d’espérance. Je ne sais pas si on va être champions du monde, mais on se prépare à l’être depuis deux mois et demi.

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