Saint-André : " C'est un crève-coeur... "

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Saint-André : " C'est un crève-coeur... "
Saint-André : " C'est un crève-coeur... "

Au lendemain de la victoire du XV de France contre l'Italie (32-10), Philippe Saint-André s'est présenté en conférence de presse pour débriefer la performance de ses hommes. Le sélectionneur en a profité pour faire le point sur la situation de Yoann Huget et sur son remplacement.

Philippe Saint-André, donnez-nous des nouvelles de Yoann Huget…
Le ligament croisé est endommagé. On ne sait pas s’il y a rupture totale ou partielle mais, hélas pour lui, sa Coupe du monde est finie et, hier, dans les vestiaires, il y avait bien sûr du plaisir et de la joie suite à cette victoire mais aussi beaucoup de peine de perdre un joueur important du groupe et un grand compétiteur. Du moment où Yoann Huget n’est plus dans le groupe, on va récupérer un ailier puncheur, marqueur d’essais. Je ne peux pas vous annoncer le nom car il y a beaucoup de papiers à faire avec la Coupe du monde, il faut avoir une autorisation. C’est un joueur qui était dans la liste des 50. Les papiers nécessaires ont été envoyés et on vous annoncera le nom de l’heureux élu quand tout ce qui touche à l’administration sera réglé. 

Vous venez de dire que ça sera un ailier. Ce sera forcément un ailier ?
Ce sera un ailier car, à l’arrière, on a déjà Scott Spedding et Brice Dulin. On a aussi Sofiane Guitoune qui peut jouer à ce poste car il lui arrive de le faire avec Bordeaux-Bègles. On cherche un finisseur, un joueur capable de casser des lignes ou des premiers rideaux, un joueur qui sent la ligne. 

Dans quel club évolue-t-il ?
Je vais vous donner un scoop : il évolue dans un club français ! 

Est-ce que ce joueur sera disponible pour le match de mercredi face à la Roumanie ?
L’équipe de mercredi est déjà faite. Il a été important pour nous de rentrer dans cette Coupe du monde avec un match loin d’être facile à aborder. Dès hier soir (samedi), ceux qui n’étaient pas dans les 23 sont rentrés très vite à l’hôtel pour rapidement dormir. Tout est axé sur la récupération pour le match de mercredi. Il ne faut pas oublier que la Roumanie va, elle, entrer dans la compétition.

« Ce n’était pas le match parfait » 

Par rapport à ce match face à l’Italie, qu’avez-vous apprécié de la prestation de vos joueurs ?
Ce que j’ai aimé ? C’est qu’on a été sérieux. On a fait un très bon début de match, on n’a pas paniqué et bien construit notre match. Si jamais Noa (Nakaitaci) avait marqué cet essai suite à une action collective de grande qualité... On aurait peut-être pu marquer plus d’essais. Quand on mène 25-3, on ne tente plus de pénalité, seulement des touches à cinq mètres pour les mettre sous pression. Mais on a perdu trop de ballon et, au lieu de tuer le match, on les a laissé revenir. Les Italiens étaient dans la mentalité de ne pas nous laisser prendre le bonus offensif. Ils ont commis beaucoup de fautes, ont souvent été pris en position de hors-jeu. Ça a fini en match avec beaucoup de pénalités de part et d’autre. 

Comment avez-vous trouvé vos joueurs ? Est-ce qu’il y a des éléments où ils peuvent progresser ?
Ils sont bien, ils sont en pleine forme. Ils se sont préparés pour ça. Ça n’a pas été le match parfait, il faudra le faire plus tard. On est prêts, on est bien. Ils ont fait des choses intéressantes mais on doit progresser dans la finition. On a tenté de marquer trop vite, des passes ont été manquées par manque de précision. Face aux Italiens, on a maîtrisé pendant 80 minutes. On marque deux essais, avec un essai refusé pour un en-avant. En deuxième période, les Italiens ont joué à la limite du hors-jeu. Ils ont été fidèles à leur réputation : latins, pénibles. Ils n’ont rien lâché et il faut les féliciter pour ça. 

Est-ce que le forfait de Yonan Huget change vos plans pour mercredi ?
Oui, car il était un des rares joueurs qui devait enchaîner deux fois 80 minutes. C’est surtout un crève-cœur pour lui car il a été un cadre pendant quatre ans avec moi. C’est un joueur exceptionnel qui était dans une forme exceptionnelle. La situation où il se blesse, c’était sur un crochet pour créer un intervalle après un ballon de qualité.

« Le poste de trois-quarts aile est disponible » 

La hiérarchie semble établie. Est-ce que les matchs face à la Roumanie et le Canada peuvent rebattre les cartes ?
C’est clair. Il y a ce bloc de deux matchs qui est important. Après ce bloc, j’aurai des entretiens individuels avec chaque joueur pour préparer le match face au Canada puis dix jours pour préparer le match face à l’Irlande. C’est un secret de polichinelle : le poste de trois-quarts aile est disponible car Yoann Huget est indisponible pour le reste de la compétition. 

Est-ce que les huit joueurs qui n’ont pas pris part au match face à l’Italie seront titulaires face à la Roumanie ?
Il y en aura peut-être sept, mais tous seront dans le groupe. 

Que pensez-vous de la victoire du Japon face à l’Afrique du Sud ?
A part la Nouvelle-Zélande, de la deuxième à la douzième place mondiale, il n’y a pas d’écart. Les Anglais ont eu le bonus offensif mais si les Fidjiens enquillent à la 60eme minute, ils passent devant au score. Je connais Eddie Jones mais je souhaite saluer Marc Dalmaso. J’ai failli entraîner avec lui à Toulon et j’ai joué avec lui. Marquer un essai sur ballon porté face à l’Afrique du Sud, c’est du français tout craché !

« Il suffit de battre l’Irlande pour terminer premier » 

On a pu voir face à l’Italie le résultat du travail de la préparation ?
On a travaillé depuis deux mois et demi. Quand on a la chance d’être un peu ensemble, on peut être à leur niveau. Il y a eu de bonnes choses. En deuxième période, on s’est aperçu qu’ils étaient quatorze sur le rideau défensif. On a su jouer de petits coups de pied par-dessus et Rabah (Slimani) en a profité. On dit souvent « à l’aile, la vie est belle », mais ce sont deux piliers qui ont marqué des essais. Je souhaite faire un clin d’œil à Nicolas Mas, qui a attendu sa 81eme sélection pour marquer son premier essai.

On a parfois vu que le ballon avait du mal à ressortir. Est-ce quelque chose à travailler ?
Il faut qu’on progresse sur des situations comme celle-là, pour avoir des ballons plus rapides. Le soutien immédiat doit accélérer, plus coller aux joueurs. Je veux dire bravo aux Italiens qui ont été présents dans les contests. On doit progresser. On voulait mettre plus de vitesse, de tempo. On a souvent cassé le premier rideau défensif italien mais on doit faire mieux sur la qualité du nettoyage et de la présentation du ballon du joueur plaqué.

Vous n’avez néanmoins pas pris le point de bonus offensif...
Avec trois victoires, il suffit de battre l’Irlande pour terminer premier de la poule. Est-ce qu’il vaut mieux avoir 15 points et perdre face à l’Irlande ou 12 points et gagner ?

Propos recueillis par notre envoyé spécial, à Croydon

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