Safran voit une nouvelle amélioration de ses résultats en 2013

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SAFRAN ANTICIPE UNE NOUVELLE AMÉLIORATION DE SES RÉSULTATS EN 2013
SAFRAN ANTICIPE UNE NOUVELLE AMÉLIORATION DE SES RÉSULTATS EN 2013

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Safran a annoncé jeudi prévoir une nouvelle amélioration de ses résultats en 2013, un peu moins soutenue qu'en 2012 mais toujours portée par les niveaux record de production de moteurs sur des avions neufs et la croissance de son activité de services pour moteurs civils.

Le motoriste, présent dans la défense et la sécurité, s'est dit également intéressé par les activités de propulsion spatiale de l'équipementier italien Avio, un groupe qu'il avait tenté en vain de racheter en 2012 dans sa totalité.

L'action Safran accuse l'une des plus fortes baisses du CAC 40, lui-même en net repli, certains analystes se montrant déçus par la prévision d'une croissance ralentie du chiffre d'affaires en 2012.

Le titre cède 3,25% à 33,93 euros vers 10h05, donnant une capitalisation de 14,14 milliards, et ramenant sa hausse depuis le début de l'année à 4%, après un bond de 40% en 2012.

Safran, le fabricant du moteur le plus vendu au monde, le CFM56 produit en coentreprise avec General Electric, vise pour 2013 des hausses d'environ 5% de son chiffre d'affaires ajusté et proche de 15% de son résultat courant ajusté - contre des prévisions respectives de plus de 10% et environ 20% pour 2012.

"La prévision de croissance du chiffre d'affaires pourrait légèrement décevoir", estime dans une note Barclays, citant sa propre anticipation d'un rythme d'environ 10% et un consensus situé autour de 9%.

La banque souligne cependant que la prévision de croissance de près de 10% de l'activité de moteurs civils en 2013 - après une hausse de 9,4% en 2012 - est supérieure aux attentes.

Bernstein estime de son côté cette prévision un peu trop prudente étant donné le dynamisme du marché.

Le PDG de Safran, Jean-Paul Herteman, a précisé lors d'une conférence téléphonique que Safran se montrait prudent face aux incertitudes de l'évolution de l'euro face au dollar cette année.

"Il n'y a pas de tassement des fondamentaux de l'activité", a-t-il souligné, ajoutant que la prévision pour cette année ne prenait pas en compte l'acquisition du pôle de systèmes électriques de Goodrich, filiale de United Technologies (UTC), qu'il espère finaliser "bientôt".

TROIS ANS DE PRODUCTION DES MOTEURS LEAP

L'an passé, Safran a réalisé un chiffre d'affaires de 13,560 milliards d'euros, en hausse de 15,5%, soit une croissance organique de 8,6%, grâce notamment à la livraison de 1.406 moteurs CFM56, en hausse comparé à 2011.

Safran fait état de plus de 4.300 commandes de moteurs Leap, le successeur du CFM56, à fin 2012, soit trois ans de production pour des livraisons qui démarreront en 2016.

La marge opérationnelle courante ajustée a progressé de 0,7 point à 10,8%, donnant un résultat en hausse de 23,7% à 1,471 milliard, dont un peu moins de la moitié est due à l'évolution du taux de change euro-dollar couvert par le groupe.

Safran précise que sa couverture des variations de l'euro face au dollar aura un impact favorable sur ses profits jusqu'en 2016.

Les analystes attendaient en moyenne un chiffre d'affaires de 13,263 milliards d'euros et un résultat d'exploitation de 1,467 milliard, selon le consensus de Thomson Reuters.

Le groupe propose un dividende de 0,96 euro au titre de 2012 contre 0,62 euro un an plus tôt.

Safran a également précisé viser pour 2013 un cash flow libre représentant près de 40% de son résultat courant ajusté. En 2012, la proportion a été de 38%, au-delà de l'objectif d'un tiers fixé par le groupe.

Après avoir échoué à racheter Avio, Safran a manifesté jeudi son intérêt pour les activités spatiales de l'équipementier italien, qui sont encore en vente. Les deux groupes sont partenaires depuis plusieurs décennies dans ce domaine, qui concerne principalement la fusée Ariane.

General Electric a annoncé fin décembre 2012 l'acquisition des activités aéronautiques pour 4,3 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros), auprès du fonds de capital-investissement Cinven , sans les activités de propulsion spatiale.

"Il y a de fortes complémentarités entre nos activités et les leurs et cela pourrait être une opportunité tout à fait intéressante", a observé Jean-Paul Herteman.

Il a ajouté que Safran avait déjà eu des "contacts exploratoires" en vue d'un rachat mais pas encore de véritables discussions.

Le PDG de Safran a également indiqué que Boeing venait de demander au groupe de poursuivre au même rythme ses livraisons pour le 787, cloué au sol à la suite de problèmes liées à ses batteries lithium-ion, se refusant à tout autre commentaire.

Safran fournit notamment au long-courrier 787 du constructeur américain des boîtiers de commandes, des câblages, des roues, des trains d'atterrissage et des ventilateurs.

Edité par Jean-Michel Bélot

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