Safran rachète une division d'UTC pour 310 millions d'euros

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SAFRAN RACHÈTE LE PÔLE SYSTÈMES ÉLECTRIQUES DE GOODRICH POUR 310 MILLIONS D'EUROS
SAFRAN RACHÈTE LE PÔLE SYSTÈMES ÉLECTRIQUES DE GOODRICH POUR 310 MILLIONS D'EUROS

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Le groupe d'aéronautique et de défense Safran a annoncé mardi l'acquisition pour 310 millions d'euros du pôle de systèmes électriques de Goodrich, filiale de United Technologies (UTC).

Ce groupe américain, qui a bouclé fin juillet le rachat de Goodrich pour 16,5 milliards de dollars, revend certaines de ses activités pour lever des fonds.

Safran, qui se hisse ainsi au deuxième rang mondial du secteur, pourra désormais proposer aux avionneurs une offre complète dans les équipements électriques, appelés à être de plus en plus répandus dans les avions parce qu'ils sont plus légers et plus efficaces que les réseaux pneumatiques et hydrauliques actuels.

Le dégivrage des ailes, par exemple, actuellement assuré par un système hydraulique sera à terme remplacé par une sorte de couverture chauffante électrique.

Pour se développer sur ce marché estimé à quatre à cinq milliards de dollars à terme, Safran avait tenté, sans succès, de racheter Zodiac Aerospace en 2010.

Safran évalue à quelque 850 millions d'euros le chiffre d'affaires combiné de ses deux entités en 2012, dont plus de 150 millions pour Goodrich Electric Power Systems (GEPS).

Le groupe français compte porter la marge de GEPS autour de 10% d'ici trois, quatre ans contre moins de 5% actuellement.

"Cela va nous permettre d'être le seul acteur face à UTC à être capable de travailler sur l'intégralité du système électrique d'un avion", a expliqué lors d'un point presse Jean-Pierre Cojan, directeur général adjoint chargé de la stratégie chez Safran.

PIÈCE MANQUANTE

Safran, dont les câblages électriques équipent déjà bon nombre d'avions dans le monde, récupère avec cette acquisition les systèmes de génération électrique, la pièce manquante dans sa stratégie pour développer l'électrification des avions.

"On voulait être EDF et on n'avait pas les centrales", a résumé Jean-Paul Cojan à des journalistes.

L'opération s'est conclue ce week-end entre les quatre derniers candidats encore en lice, a-t-il expliqué.

"On achète aussi la crédibilité et la recherche et développement qu'on aurait dépensé sans cela", a souligné de son côté Ross McInnes, directeur financier de Safran.

L'acquisition, qui est soumise aux autorisations réglementaires, devrait être finalisée fin 2012 ou début 2013.

La participation de 60% de GEPS dans Aerolec, coentreprise avec Thales, fait partie de la transaction.

"Cela ne change rien, cela ne remet pas en cause l'attelage", a dit un porte-parole de Thales.

Aerolec est fournisseur d'Airbus pour la génération électrique du très gros porteur A380 et de l'avion de transport militaire A400M, dont la première livraison est attendue en 2013.

Dans le domaine des équipements électriques, Safran avait annoncé lors du salon aéronautique du Bourget, en juin 2011, une coentreprise avec l'américain Honeywell dans le taxiage, c'est-à-dire le trajet effectué par un avion de la passerelle jusqu'à la piste de décollage.

L'action Safran a clôturé mardi en hausse de 1,85% à 30,235 euros, à comparer à une hausse de 2,36% du CAC 40. Le titre a gagné plus de 30% depuis le début de l'année, portant ainsi sa capitalisation boursière à 12,6 milliards d'euros.

Avec Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot

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