Safran mise sur le titane pour les long-courriers

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par Claude Canellas

BIDOS, Pyrénées-Atlantiques (Reuters) - Messier-Bugatti-Dowty, filiale du groupe Safran, développe la production de composants en titane de grande dimension à destination des nouveaux programmes long-courriers d'Airbus et Boeing pour réduire la facture énergétique.

Leader mondial des fonctions d'atterrissage et de freinage des avions et des hélicoptères, la société française a investi 50 millions d'euros dans son usine de Bidos (Pyrénées-Atlantiques) pour répondre à la volonté des compagnies aériennes de réduire le poids des avions grâce à ce métal léger.

Messier-Bugatti-Dowty, qui absorbe environ 50% du marché mondial des trains d'atterrissage, intervient depuis la conception et la fabrication jusqu'à la maintenance et la réparation et entend rester à la pointe de la technologie face à son concurrent américain Goodrich.

"Nous avons misé sur les tiges d'amortisseurs en titane, matériau plus léger que l'acier. C'est l'objet de cet investissement", explique Bruno Eymard, directeur de l'usine.

Grâce à cette avancée, Messier-Bugatti-Dowty a conquis le marché des trains d'atterrissage pour le nouveau long-courrier Boeing 787. Un succès qui n'est pas passé inaperçu dans le milieu de l'industrie aéronautique, l'avionneur américain faisant pour la première fois appel à la sous-traitance.

Pour répondre aux besoins de Boeing mais aussi à ceux de son concurrent européen l'A350 d'Airbus, la société a dû augmenter ses capacités de production en créant un bâtiment spécifique permettant de diviser par quatre les délais de livraison.

Avec ce nouveau bâtiment de 6.300 m2, où la première machine devait être installée à la fin du mois de juillet la production titane atteindra sa vitesse de croisière en 2015, passant de 4% à 25% de l'activité de l'usine béarnaise.

"Les gros porteurs passent au titane mais les plus petits avions continueront à faire appel à l'acier pour des raisons de coût, sachant que le titane est 10 fois plus cher que l'acier", précise Bruno Eymard.

COMPÉTENCES TECHNOLOGIQUES

C'est une page qui se tourne dans cette usine historique créée en 1938 par Messier, le nouveau bâtiment ayant pris la place des premiers ateliers construit avant-guerre.

Les qualifications des salariés de l'usine du groupe devenu en 2011 Messier-Bugatti-Dowty, implanté dans sept pays répartis sur trois continents et 17 sites qui emploient 6.500 personnes, a été déterminante pour le choix de cet investissement.

"Il aurait pu être effectué dans un autre pays, au Mexique ou en Chine, sans doute à moindre coût, mais c'est à Bidos que nous avons les grandes compétences technologiques et le savoir-faire", assure Bruno Eymard.

Messier-Bugatti-Dowty assure le support de 23.000 avions effectuant plus de 35.000 atterrissages chaque jour mais c'est dans cette unité d'environ 840 salariés qu'est implanté le laboratoire matériaux et procédés qui fait référence pour les usines du groupe dans le monde entier.

Enclavée en vallée d'Aspe entre une ligne de chemin de fer abandonnée et un village de 1.200 âmes, Bidos a aussi vu le cadmium et le chrome utilisés pour le revêtement des tiges d'amortisseurs être progressivement délaissés en faveur d'une technologie plus verte à base de projections plasmiques.

L'usine fournit aussi les pièces de train d'atterrissage pour les avions de transport militaire A400M, les Rafale et les Falcon de Dassault, les moyen-courriers A320, les ATR ainsi que des hélicoptères, dont le Tigre et le Super Puma.

Edité par Yves Clarisse

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