Safran chute sur les craintes liées au nouveau moteur LEAP

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SAFRAN RECULE EN BOURSE
SAFRAN RECULE EN BOURSE

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Safran recule en Bourse vendredi sur la crainte que ses résultats semestriels supérieurs aux attentes reposent trop sur le succès de son moteur actuel, le CFM56, dont les ventes sont appelées à baisser au fur et à mesure de la montée en puissance à haut risque de son successeur, le LEAP.

L'équipementier pour l'aérospatiale et la défense abandonne 4,54% à 61,33 euros vers 9h45, accusant la plus forte baisse du CAC 40.

Safran a livré au premier semestre un record de 886 moteurs CFM56 produits au sein de la coentreprise à parité CFM International avec General Electric, mais a dit prévoir pour cette année une croissance de ses activités de services pour moteurs dans le bas de sa fourchette initiale de 7 à 9%.

"Notre principale inquiétude est que les bons résultats semestriels doivent trop à la hausse des livraisons de CFM56 - à des prix satisfaisants - qui vont désormais commencer à baisser", écrit Jefferies dans une note. "Nous estimons que Safran va devoir perdre ses économies d'échelle sur le CFM56 tout en supportant des pertes sur le LEAP".

Safran avait indiqué à la mi-mars que la transition entre le moteur CFM56 et le LEAP limiterait sa marge opérationnelle courante à un niveau proche des 14% de 2015 pendant la période 2016-2020, avant de remonter.

Le LEAP est destiné aux versions remotorisées de l'A320 d'Airbus (A320neo) et du 737 de Boeing (737 MAX) ainsi qu'au futur monocouloir du chinois Comac, le C919.

"L'essentiel tient désormais à la bonne exécution de la partie de Safran dans la transition vers le LEAP et à la garantie des spécifications du LEAP destiné au 737 MAX, une version bien plus exigeante que celle destinée à l'A320neo", précise aussi Jefferies.

CFM International a engrangé 11.000 commandes de son nouveau moteur LEAP et en a livré 11 au premier semestre. Le motoriste compte produire cette année une centaine de moteurs LEAP cette année avant une montée en puissance devant l'amener à 2.000 en 2020.

"On voit un marché toujours très très fort qui nous réclame de continuer à travailler à l'augmentation de nos cadences", a souligné le directeur général Philippe Petitcolin, en réponse à une question sur la crainte d'un retournement de cycle dans l'aéronautique.

"Il y a toujours beaucoup de demandes centrées sur les cinq, six ans à venir. A l'horizon de 10 ans, c'est plus difficile de s'engager même si beaucoup de compagnies aériennes continuent à le faire", a-t-il ajouté.

Seuls les gros avions commerciaux, que Safran ne motorise pas, connaissent une demande plus faible, a-t-il observé, faisant référence à la baisse de production annoncée pour l'A380 d'Airbus et pour le 747 de Boeing.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

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