Sa Mounia, par Patrick Besson

le
0
Au procès de l'affaire dite du Carlton, les prévenus font triste figure...
Au procès de l'affaire dite du Carlton, les prévenus font triste figure...

Mounia, sodomisée par Dominique Strauss-Kahn le 29 juillet 2010 à l'hôtel Murano, qui a changé de nom depuis et s'appelle maintenant 1K Paris, on la voit surtout de dos, puisqu'elle fait face à la cour qui nous fait face, sauf quand la jeune femme se lève pour sortir de la salle, mais alors elle porte une casquette noire et des lunettes noires. Voir ce visage que personne ne verra : un Greco avec des cheveux noirs. Le noir est la couleur de Mounia : manteau, pantalon, bottes. Colère. Contre DSK qui lui a fait un truc qui ne lui a pas plu. Elle a un long corps aux formes subtiles qu'elle déplace, dans le cloaque du palais de justice de Lille, avec une grâce un peu gênée de top model ayant accepté de poser nue dans Lui, mais qui regrette après avoir reçu un coup de téléphone de sa grand-mère vivant à Tamanrasset. C'est une Zahia pas décolorée et sans implants mammaires, avec quinze ans de plus qui n'ont rien touché à sa silhouette de rêve. Les prostituées ne sont pas seulement des saintes, ce sont des déesses. Les Grecs ne leur construisaient-ils pas des temples ? Mounia a une voix d'enfant très bien élevée ; elle s'exprime avec une pudeur et une délicatesse propres aux gens qui vivent de leurs charmes. La bande fait triste figureVue de près, la justice n'a l'air de rien, comme le reste. C'est pourquoi il faut s'approcher de tout : ça rétrécit. La salle du tribunal est un sous-sol, avec des murs marron et penchés. Devant...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant