S&P place Casino en catégorie spéculative malgré ses cessions

le
0
L'AGENCE S&P DÉGRADE LA NOTE DE CRÉDIT DE CASINO
L'AGENCE S&P DÉGRADE LA NOTE DE CRÉDIT DE CASINO

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'agence Standard & Poor's a dégradé lundi la note de crédit de Casino de "BBB-" à "BB+" malgré le plan massif de cessions d'actifs engagé par le distributeur pour éviter de voir sa notation placée en catégorie spéculative.

S&P a justifié sa décision par une baisse "nettement plus importante que prévu" des résultats 2015 du groupe et par de "fortes pressions à attendre sur la rentabilité en 2016", dues à la récession brésilienne et aux pressions concurrentielles en France.

L'agence de notation n'a visiblement pas été convaincue par les objectifs affichés par Casino en France.

"L'amélioration attendue de la rentabilité en France ne sera pas suffisante pour compenser la faiblesse des performances au Brésil", estime-t-elle.

Pris en tenaille entre la chute de ses résultats au Brésil, les attaques du fonds Muddy Waters et le plongeon de son titre en Bourse fin 2015 et en début d'année, le distributeur a engagé un vaste programme de cessions d'actifs pour améliorer son bilan.

Mais en vendant ses très rentables actifs thaïlandais et vietnamien, Casino voit son profil profondément modifié, avec un poids accru de la contribution de ses activités françaises, aux marges peu élevées, alors que le Brésil s'enfonce dans la récession.

Le distributeur promet pour 2016 un spectaculaire redressement de ses performances en France, jugé très ambitieux par les analystes.

BASE D'INVESTISSEURS

Largement attendue par le marché, cette dégradation par S&P a brièvement pesé sur le titre Casino en ouverture. Après une baisse de plus de 4%, il est quasiment inchangé (-0,2%) à 49,265 euros à 10h55, alors que l'indice SBF 120 est en hausse de 0,17%.

Après avoir cédé 44,5% en 2015 et être tombé à 34,38 euros en janvier, le titre a regagné le terrain perdu après l'attaque de Muddy Waters grâce à l'annonce de la cession de sa filiale thaïlandaise Big C.

"Même si une dégradation était largement prise en compte dans les cours, elle va clairement réduire la base d'investisseurs, tandis qu'un retour à la catégorie 'investissement' se fera à un prix très élevé", soulignent les analystes de Bryan Garnier.

Le distributeur a réagi en confirmant sa prévision d'un Ebitda France de 900 millions d'euros en 2016 et "la poursuite rapide de l'exécution de son plan de désendettement".

La réalisation de la cession de la participation du groupe dans Big C en Thaïlande pour 3,1 milliards d'euros est "imminente" et le processus de vente des activités au Vietnam progresse "de façon satisfaisante", a-t-il ajouté.

Casino a également souligné que l'augmentation du coût de sa dette financière obligataire serait de moins de 20 millions d'euros avant impôt en 2016 hors futurs rachats obligataires, et n'avait aucun effet sur sa liquidité.

Pour 2017, ce coût devrait avoisiner 90 millions d'euros, hors rachats de dettes.

Cette dégradation va aussi, selon les analystes, renchérir le coût de la dette de Rallye, maison mère de Casino, qui totalise 2,9 milliards d'euros.

Le titre Rallye cède 0,77% à 15,38 euros.

S&P, qui a assorti sa notation d'une perspective stable, dit tabler sur un redressement partiel de la rentabilité de Casino en France et sur des mesures de réduction de coûts susceptibles d'éviter de nouvelles dégradations des résultats au Brésil.

(Avec Benjamin Mallet et Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant