S&P met quinze pays de la zone euro sous surveillance

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(Reuters) - Standard & Poor's a annoncé lundi avoir mis sous surveillance avec implication négative 15 pays de la zone euro, dont la France, en raison de l'accroissement des tensions systémiques observées par l'agence de notation au cours des dernières semaines.

La France est le seul des six pays notés "triple A" à risquer une dégradation de deux crans de sa note, précise S&P.

Une mise sous surveillance avec implication négative signifie que S&P est en train de revoir les notes attribuées aux pays concernés et qu'elle pourrait décider de les baisser dans les trois mois à venir.

S&P a cependant précisé qu'elle avait l'intention de conclure sa revue le plus vite possible, dans la foulée du sommet européen de vendredi.

Considéré par certains comme celui de la dernière chance pour sortir de la crise de la dette, ce sommet est censé conclure une semaine faite de rendez-vous importants, dont le premier en date a été la rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

A l'issue de cette dernière, les deux dirigeants ont annoncé un accord franco-allemand "complet" sur le renforcement de la gouvernance de zone euro, passant par la rédaction d'un nouveau traité dès le mois de mars.

Le président français et la chancelière allemande sont parvenus à un accord à l'issue de semaines de négociations laborieuses pour tenter de remédier à la crise de la zone euro provoquée par l'endettement de nombreux pays.

Parmi les causes de l'accroissement des tensions systémiques pointées par Standard & Poor's, figurent le durcissement des conditions de crédit, les primes de risque plus élevées demandées pour des obligations souveraines, y compris celles émises par des pays notées "AAA", la persistance des désaccords entre dirigeants européens sur la manière de sortir de la crise, le niveau élevé d'endettement dans une bonne partie de la zone euro et un risque accru de récession dans la zone euro.

L'agence de notation a précisé que la note de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Finlande, du Luxembourg, des Pays-Bas - cinq pays notés "AAA" - et de la Belgique serait abaissée d'un cran maximum.

Celle des autres pays, dont la France qui est le sixième "AAA" de la zone euro, pourrait être abaissée d'un maximum de deux crans.

La note de Chypre était déjà sous surveillance avec implication négative, tandis que celle de la Grèce - déjà extrêmement basse - n'a pas été placée sous surveillance, ce qui explique que les annonces de S&P ne concernent que 15 des 17 pays membres de la zone euro.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic

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  • mauri162 le lundi 5 déc 2011 à 23:04

    Ce qui étonne, c'est que les poilitiques français, Baroin en personne, se mettent sous la coupe de ces agences et que personne ne s'étonne du pouvoir pris par elles en l'espace d'un an. Les pseudo journalistes qui relaient l'actualité de ces officines sans même enquêter sur les fondements de leurs analyses font le jeu de ces entreprises de déstabilisation.

  • M6667320 le lundi 5 déc 2011 à 22:58

    De toute façon les politicos des pays européens méritent une claque. Ils sont trop bien payés et dépensent nos sous sans parvenir à un résultat +ve.

  • nialas le lundi 5 déc 2011 à 22:55

    Les motivations de SP sont de plus en plus ténébreuses. L'agence ne se contente pas de dire si les pays vont ou non rembourser leurs dettes, elle va porter un jugement de valeur sur l'organisation même de l'Union Européenne. Elle s'engage là dans une spirale vicieuse qui ne peut être que dépressive... et peut être malhonnête...

  • M6667320 le lundi 5 déc 2011 à 22:33

    Non, ils sont sous le titre "Zone euro : Standard and Poor's envisagerait de baisser la note de plusieurs pays"

  • valent18 le lundi 5 déc 2011 à 22:23

    MENTEUR ! Vous avez retiré les commentaires précédents qui ne vous plaisaient pas ...