S&P met en garde la Grèce contre tout risque de dérapage

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LONDRES, 26 janvier (Reuters) - L'agence de notation Standard and Poor's a annoncé lundi qu'elle pourrait abaisser la note souveraine de la Grèce sans attendre la date de son prochain examen prévu, mi-mars, si la situation financière d'Athènes se dégrade. Alexis Tsipras, le chef du parti de la gauche radicale grecque Syriza, a prêté serment comme Premier ministre lundi après un accord avec le mouvement des Grecs indépendants pour former un gouvernement anti-austérité. Pendant sa campagne, il a promis de revenir sur les coupes budgétaires imposées par les bailleurs de fonds en échange d'un plan d'aide de 240 milliards d'euros. ID:nL6N0V52HM ID:nL6N0V514X En septembre, S&P a relevé d'un cran, de B- à B, la note de crédit de la Grèce mais Frank Gill, directeur senior chargé des dettes souveraines au sein de l'agence, estime aujourd'hui que l'incertitude sur les obligations du pays vis-vis du reste de la zone euro risquent d'affecter son rétablissement. "Syriza a été élu sur la promesse d'une restructuration de la dette souveraine, donc la question est: quel genre d'allègement de la dette sont-ils prêts à accepter et quels sont les autres pays de l'UE disposés à l'accepter ?," a-t-il déclaré à Reuters. "Notre prochain examen sur la note de la Grèce est prévu pour le 13 mars. Cependant, (...) nous pouvons modifier ce calendrier si nous pensons que quelque chose d'exceptionnel s'est produit ayant une incidence importante sur la solvabilité du pays". Selon Frank Gill, les données sur la Grèce montrent que la performance budgétaire se détériore. "Qu'est-ce que cela signifie pour le produit intérieur brut (PIB) et la demande intérieure ? Encore une fois (...) les chiffres ne présagent rien de bon", a-t-il dit. "Qu'est-ce que cela signifie pour la stabilité financière ? Malheureusement, encore une fois, rien de bon quand vous regardez les retraits de dépôts et que vous voyez la Banque de Grèce intervenir et fournir une assistance en liquidité d'urgence (aux banques grecques)." La dette grecque dépasse 175% du PIB, un ratio largement supérieur à celui des autres pays de la zone euro, bien qu'elle bénéficie d'une maturité moyenne plus importante que celle des pays comme l'Italie et l'Espagne. La Grèce reste incapable de se financer à des coûts raisonnables sur le marché en raison de taux d'intérêt très élevés et de la dépendance de ses banques vis-à-vis de la BCE. (Marc Jones; Claude Chendjou pour le service français, édité par Marc Angrand)

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